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Hobbies : en immersion dans la France des passionnés

Hobbies : en immersion dans la France des passionnés

22 novembre 2019 | PAR Simon Théodore

Au mois d’octobre, Canal + a diffusé une série de huit mini documentaires intitulée Hobbies. De la pratique de la pole dance à l’ascension de cathédrales en passant par le hockey subaquatique, ces courts métrages intelligents nous dévoilent la vie d’individus aux centres d’intérêt atypiques. À l’origine de ce projet, une revue papier, créée par deux curieux, dont le huitième numéro sort ce vendredi.

Depuis 2015, Hobbies est une revue semestrielle, alliant interviews, reportages et portfolio, consacrée aux passes temps les plus orignaux et, pour le moins, mal connus. Fondée par la directrice artistique Louise de Montalembert, Grégoire Belhoste, journaliste pour le groupe So Press, et Lambert Stroh, ancien étudiant en audiovisuel et journaliste pour Gonzaï, elle s’aventure sur des terrains inconnus du grand public, soigneusement oubliés par les autres médias, pour nous faire entrer dans le quotidien extraordinaire de passionnés en tout genre. Aucune passion ne semble dénuée d’intérêt pour ces deux journalistes. Street-Racing dans les rues de Moscou, Ikea Hacking ou encore compétitions de bras de fer, la variété des sujets abordés aiguise la curiosité et ce, sans préjugés et jugements de valeurs. « Dès le départ, notre idée était de raconter les loisirs plus ou moins remarquables des gens et de comprendre pourquoi l’on peut passer tant de temps et accorder tant d’énergie à ces passions », explique Grégoire Belhoste, avant d’ajouter que « dans Hobbies, on parle aussi bien de courses de lévriers que de rodéo, de cuisine en prison que du carnaval de Dunkerque ».

Raconter les hobbies par l’image

De cette aventure papier est née l’ambition de proposer un nouveau format pour évoquer ces passions : celle de l’anthologie documentaire. Les jeunes réalisateurs embauchés, issus d’univers différents, devaient alors respecter deux contraintes : la durée de douze minutes et l’absence de jugement. « Le plus important, à nos yeux, était de ne pas tomber dans ce qu’on appelle entre nous le ‘cabinet de curiosités’. Autrement dit, d’être sincèrement touchés ou intéressés par chacune des histoires » se tient à rappeler le jeune journaliste. En ressort alors huit films, parfois émouvants, dans lesquels l’humain est au centre. Si l’image, à travers la photographie et l’illustration, était déjà au cœur du projet à l’origine de la revue, la vidéo apporte, de manière intimiste, une sensation d’immersion et nous permet d’être au plus proche de ces personnalités atypiques. Qu’est-ce qu’un « hobby » ? Derrière ce terme que tout le monde utilise, se cache une myriade de sens.

C’est d’abord une histoire de transmissions. Dans son film « Allez Garçon ! », Romane Guéret et Lise Akoka nous font découvrir le quotidien de David et de son fils Mattéo (7ans), éleveurs de pigeons. Dans un univers plus mécanique et bruyant, le documentaire « Excalibur » s’intéresse au tractor pulling – ces courses où des tracteurs trafiqués tirent des remorques de plusieurs tonnes. Encore une fois, il s’agit d’une histoire de famille et d’un savoir qui se transmet de génération en génération.

Un hobby, c’est également une histoire de corps et de socialisations. L’esprit d’équipe et de compétition règne dans le monde du hockey subaquatique tandis que la pêche est bien plus qu’un moyen de passer l’ennui pour les jeunes adultes que sont Hugo et ses amis. Filmé par Colin Solal Cardo, l’histoire d’Adrienne montre comment sa manière de pratiquer le pole art brise les clichés autour de cette danse où les femmes sont souvent victimes de préjugés.

Un hobby, c’est aussi une histoire de dépassement de soi et de sensations, parfois extrêmes. Peu importe si l’activité s’avère dangereuse ou flirte avec l’illégalité. Au risque de briser leurs corps, certains gravissent les cathédrales tandis que d’autres sautent depuis des corniches pour « casser l’eau ». Derrière ces passions, il y a une volonté de chercher un ailleurs, parfois spirituel, mais surtout, de s’évader le temps de quelques secondes.

Enfin, un hobby, c’est peut-être ce qui rend l’individu original et unique. « Hobbies, à chacun le sien » : le slogan de la revue résume bien cette idée. Le portrait de Mitch, ce biker fan de heavy metal et amoureux de la culture amérindienne, est un exemple parmi d’autres, racontés en image et avec sincérité, dans cette série de documentaire.

À la conquête de l’ouest…

Ce format audiovisuel permet donc de découvrir une France de passionnés dont la vie est rythmée par des activités originales. Disponible dès vendredi dans de nombreuses librairies, le huitième numéro de la revue Hobbies nous emmènera, une nouvelle fois, dans des univers insoupçonnés. « L’un des gros morceaux du numéro 8 est un très bon reportage au long cours sur un ranch situé en Normandie et tenu par des passionnés. Plus loin, on a consacré pas mal de pages à un portfolio sur des concours de tenues traditionnelles dans des réserves indiennes américaines. Quelque part, ce numéro peut se lire comme une plongée dans un Far West plus ou moins fantasmé » annonce Grégoire Belhoste à quelques heures de l’événement…

La soirée de lancement est prévue le 22 novembre, au Globo à Paris. Retrouvez toutes les informations ici.

Visuel : © Hobbies

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Simon Théodore

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