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Face au confinement, le CNC prend des mesures pour sauver le grand écran

Face au confinement, le CNC prend des mesures pour sauver le grand écran

02 avril 2020 | PAR Clémence Varène

Depuis presque 20 jours maintenant, le gouvernement a interdit l’accès aux salles de cinéma, afin d’éviter une propagation de l’épidémie. Mais que faire alors pour éviter que le 7ème art n’en subisse trop les conséquences ? C’est ce à quoi réfléchi le Centre National du Cinéma et de l’Image Animée (CNC).

L’industrie du cinéma est régie par certaines règles assez strictes. Une en particulier, celle de la « chronologie des médias ». Une loi qui garantit le monopole des salles de cinéma pendant 4 semaines lors de la sortie des films. Malheureusement, cette obligation pose aujourd’hui problème, que ce soit pour les films sortis juste avant la période de confinement, ou ceux qui devaient/doivent sortir pendant cette période. En effet si l’on s’en tient à cela, impossible de faire sortir ces films en VoD. C’est pour cette raison qu’une première mesure a été prise par le CNC. Le 24 mars, cette loi de la chronologie des médias a été suspendue, jusqu’à la fin du confinement.

Si certaines grosses productions n’auront aucun mal à ressortir à la fin de cette période particulière et à attirer du monde en salle, comme par exemple De Gaulle, ce n’est pas le cas de toutes. Et c’est surtout pour cette catégorie de films que cette nouvelle possibilité de sortie est bienvenue. Cependant, depuis la mise en place de cette mesure, peu de candidats. Et pour cause, une sortie directe en VoD implique un remboursement des frais avancé par le CNC pour la distribution du film. C’est donc cette règle que le centre est en train d’assouplir, afin d’étudier au cas par cas les films qui pourront sortir de manière prématurée en VoD, sans entraîner de remboursement. Toujours pour faciliter ces questions économiques, le CNC a décrété que les titulaires d’un compte, comme les boites de production, seraient autorisés à puiser une partie des sommes inscrites sur leur comptes (30%) pour répondre à des problèmes de trésorerie. Cet argent est normalement réservé à la réalisation de projets.

Cependant, certaines boites de production n’ont pas attendus l’allègement de ces restrictions pour partager leurs films (pour le plus grand bonheur des cinéphiles), comme par exemple la société Shellac, qui a déjà mis en ligne le 25 mars son film Monsieur Deligny, vagabond efficace, directement sur sa plateforme internet. Mais afin de respecter l’économie du cinéma, le film passera le 8 avril en ligne sur une autre plateforme, La Toile, qui compte reverser une partie des bénéfices aux salles de cinéma, qui sont, comme tous les lieux dédiés à la culture, très touchées par cette crise sanitaire.

Cependant, comme l’indiquait la cofondatrice de La Toile Joséphine Létang au Monde : « une sortie en VoD n’a rien à voir avec une sortie en salle ». C’est un constat que font beaucoup d’autres, et qui justifie leurs réticences à sauter le pas. À garder en tête toutefois que les sorties anticipées en VoD mises en place ne concernent pas les sites de streaming payant tels que Netflix, qui devront toujours patienter 36 mois.

Visuel : ©all creative commons – flickr

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Clémence Varène

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