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20G de Coke par semaine pour J.L.Delarue…

20G de Coke par semaine pour J.L.Delarue…

27 octobre 2010 | PAR Bérénice Clerc

Dans son dernier numéro, Marianne, publie le procès verbal dressé lors de l’arrestation de Jean-Luc Delarue, le 14 septembre dernier à son domicile parisien, dans le cadre d’une enquête pour trafic de stupéfiants. Il avoue avoir une consommation régulière de cocaïne depuis plusieurs années, avoir réussi à arrêter quatre ans, puis reprendre, faire une pause de deux mois et replonger pour arriver à une consommation de 20G par semaine…

Selon lui, la rédaction de son autobiographie a aggravé son addiction, il dit ne pas en prendre pendant les vacances, mais qu’après une consommation phénoménale au mois d’Août il avait prit conscience de devoir arrêter pour sa santé et son équilibre mental…

Cette fameuse affaire Delarue fait couler beaucoup d’encre, vendre énormément de journaux, allant même jusqu’à le photographier en pleine cure de désintoxication en Suisse faisant du sport comme si cela était synonyme de bien-être et d’un arrêt définitif de la dépendance à la drogue.

Car oui en effet, à 20g de cocaïne par jour, même si Jean-Luc Delarue n’ose se l’avouer lui-même, il s’agit de dépendance, à cette drogue tellement perverse, pas censée rendre réellement dépendant par sa substance propre, mais par ce qu’elle permet de faire.

Jean-Luc Delarue est montré du doigt, photographié et filmé lors de son arrestation, il doit même faire des excuses publiques à ses téléspectateurs avant d’être mis en quarantaine par sa chaine.

Nous sommes au coeur de « la société du spectacle », l’animateur se confesse dans une vidéo comme pour demander la rédemption de ses téléspectateurs placés ainsi comme juges, médecins, ou en tous cas dans un rôle qui ne leur appartient pas.

Il y a des lois dans notre pays et la question n’est pas d’être au dessus de celles-ci, mais Jean-Luc Delarue est malade, il doit se faire aider par un médecin spécialiste et surement pas être surexposé, ou pire, raillé par les soit disant bien pensants. S’il avait un cancer, une maladie génétique  ou le sida aurait-il eu à faire des aveux ?

Il ne faut en aucun cas valoriser ou banaliser l’usage de stupéfiants de toutes sortes, mais son exemple ne devrait-il pas plutôt servir de support pour parler et informer sur la drogue ?

Si Jean-Luc Delarue était le seul à consommer de la cocaïne, donc le seul à montrer du doigt, le monde irait très bien, mais la drogue ne lui est pas réservée, on prend de la cocaïne partout en France, des chômeurs, des ouvriers, des patrons, des serveurs, des artistes, des journalistes, des politiques et même des jeunes parfois dès le collège…

L’usage de la cocaïne provoque une euphorie immédiate, un sentiment de toute puissance intellectuelle et physique, entrainant des passages à l’acte et une indifférence à la douleur et à la fatigue, pour laisser place ensuite à des états dépressifs et une anxiété que certains devront apaiser avec une prise de médicaments.

Ne nous réjouissons pas de voir Jean-Luc Delarue, longtemps « Gendre idéal », à la réussite financière et médiatique totale, s’effondrer de son piédestal magique et lisse.

Souhaitons lui de ne plus avoir besoin de poudre blanche pour exister ou travailler encore plus, au prix de nécroses ou de lésions nasales, d’instabilités d’humeur, de délires paranoïdes, d’attaques de panique ou de phases de grande excitation comme il a pu nous les montrer ces dernières années.

Jean-Luc Delarue est-il le seul consommateur de drogue dans le monde des Médias et du « Show Business »  ?

La place des consommateurs de drogue est-elle en prison ?

Comment informer le plus grand nombre, dès le plus jeune âge sur la drogue ?

Voici les questions posées par « l’Affaire Delarue ».

L’Opéra de Paris ressuscite Les Noces de Strehler
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Bérénice Clerc
Comédienne, cantatrice et auteure des « Recettes Beauté » (YB ÉDITIONS), spécialisée en art contemporain, chanson française et musique classique.

One thought on “20G de Coke par semaine pour J.L.Delarue…”

Commentaire(s)

  • claire

    Le système libéral impose la performance à n’importe quel prix : celui de parler de rendement humain, de rentabilité… briller, paraître, donner le change, impressionner… La place des dépendants n’est certainement pas en prison ( les dealer plus surement)Aussi questionner la place des consommateurs de drogue dans nos société c’est une fois de plus interroger la place de l’humain au sein de nos systèmes hyper hiérarchisés et compétitif au dernier degrés d’indécence.

    octobre 27, 2010 at 11 h 33 min

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