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Les attaques de Boko Haram au Nigéria passées sous silence

Les attaques de Boko Haram au Nigéria passées sous silence

15 janvier 2015 | PAR Audrey Altimare

Le quasi silence médiatique envers l’attaque de l’organisation terroriste Boko Haram contre des villages du Nord-Est du Nigéria aura duré une semaine. D’une rare violence, l’action de Boko Haram est sans précédent, pour le moment l’opinion internationale n’a pas ou peu réagi.

« Peut-être le massacre le plus meurtrier de l’histoire de Boko Haram » titrait Amnesty International dans un de ses communiqués concernant l’attaque de villes et de villages dans le Nord-Est du Nigéria. Le 3 janvier, un raid de l’organisation terroriste s’est attaqué à la ville stratégique de Baga, qui, d’après les survivants aurait été rasée à plus de 90%. Des attaques similaires ont été répertoriées dans les villages des environs durant les 5 jours qui ont suivi.

D’après les témoins, les assaillants ne répondaient qu’à une seule règle, l’anéantissement systématique des hommes, des femmes et des enfants. Des milliers de civils ont depuis pris la route de Maiduguri, chef lieu de l’Etat de Borno où se trouve la ville de Baga. Dans des propos recueillis par l’AFP, Yanaye Grema pêcheur de la ville a déclaré, « sur 5 kilomètres, je n’ai pas arrêté de marcher sur des cadavres, jusqu’à ce que j’arrive au village de Malam Karanti, qui était également désert et brûlé ».

Samedi, c’est à la capitale de l’Etat de Borno de tomber dans l’horreur. Une fillette d’une dizaine d’années a explosé dans un marché très fréquenté de la ville, faisant 19 morts et 18 blessés. La même stratégie a été utilisée une journée plus tard dans la ville de Potiskum. D’après le Figaro, cette tactique « d’attaques suicides », menées par des femmes et des enfants, est de plus en plus employée. La première attaque de ce genre remonte à juin 2014.

Les Unes mondiales consacrées aux attentats français

Les attaques des frères Kouachi et de Amedy Coulibaly contre la rédaction de Charlie Hebdo, de Montrouge et de l’Hyper Casher de la  porte de Vincennes, ont diffusé une onde de choc dans toutes les rédactions du monde. Sur son propre territoire, les valeurs de la France ont été prises pour cibles.

Libération, Le Figaro, Le Monde, Le New-York Times,La Repubblica , Le Soir, Build,  tous les grands quotidiens nationaux et internationaux étaient en deuil. Tous condamnaient cette attaque contre la liberté d’expression et la démocratie. Et c’est surement pour cela, que la mobilisation internationale fut aussi forte et que l’actualité ne s’est quasiment résumée qu’à la France durant presque une semaine. Pour la première fois, la démocratie et ses valeurs étaient directement visées dans un pays qui s’en est fait le pourfendeur depuis des siècles.

Ces mêmes valeurs sont visées par l’organisation terroriste, Boko Haram, au Nigéria. Certes le pays ne connait cette phase démocratique que depuis une dizaine d’années, mais les intentions restent les mêmes. Là aussi il faut se battre contre l’oubli et le silence.

Amnesty International France confesse même que « les médias français ne se sont réveillés qu’il y a quelques jours, au moment des attaques terroristes sur le sol français ils étaient très rares à nous appeler concernant les attaques de Boko Haram au Nigéria ».

« Les gens réagissent à ce qui les touche »

Contacté par téléphone, Thomas Glass, délégué en communication du Comité International de la Croix Rouge confie « qu’il y a un problème d’accès aux zones concernées pour des questions de sécurité ». L’objectif des missions de l’organisation humanitaire est l’ « assistance humanitaire et la protection des populations ». Il ajoute que leurs équipes sont « en contact avec les autorités locales pour permettre d’accroître l’assistance matérielle, médicale et alimentaire ».

En ce qui concerne le manque de couverture médiatique, il répond « les gens réagissent à ce qui les touche ». Pour lui il peut y avoir plusieurs explications à cela, « ça fait un moment que [la situation dure] et puis c’est très difficile d’avoir des infos qui sortent de cette zone ».

visuels: facebook.com/dabsandjabs

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Audrey Altimare

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