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Le traitement préventif du Sida disponible mi-décembre

Le traitement préventif du Sida disponible mi-décembre

01 décembre 2015 | PAR Pauline L'Huillier

En France, en 2014, encore plus de 500 personnes par mois ont découvert leur séropositivité. Ce chiffre inquiétant s’assombrit avec la contamination au VIH de plus en plus élevée chez les jeunes personnes homosexuelles. Cependant, le lundi 23 novembre, Marisol Touraine, la ministre de la Santé  a annoncé l’autorisation d’un nouveau traitement préventif, la PrEP. Cette prévention est une petite révolution pour la lutte contre le Sida, c’est une avancée majeure.

Marisol Touraine l’a annoncé le lundi 23 novembre, la prophylaxie pré-exposition, la PrEP, c’est-à-dire l’utilisation par une personne séronégative fortement exposée au risque de contamination au VIH d’un traitement antirétroviral est enfin autorisée. Début novembre, l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) avait donné son approbation à la mise en place rapide de cette prophylaxie pré-exposition (PrEP) au VIH. Un avis auquel s’étaient ensuite ralliés de nombreux médecins afin de poursuivre les efforts contre l’épidémie. L’idée étant de prévenir la survenue de nouvelles infections.

L’autorisation de la PrEP était soutenue par l’ensemble de la communauté scientifique (Organisation mondiale de la santé, Société européenne de recherche clinique sur le sida, le groupe d’experts français du professeur Morlat, Conseil national du sida etc) et la ville San Francisco, grâce aux programmes de délivrance de PrEP mis en place depuis quelques années, avait en quelque sorte validé cette politique sanitaire dans la vie réelle (une baisse de 30% des contaminations en trois ans).

Prévenir de nouvelles infections

La PrEP (prophylaxie pré-exposition) est la prise de médicament anti-VIH par des séronégatifs dans un but préventif. Ce procédé est autorisé aux Etats-Unis depuis juillet 2012. Dans le cas du VIH, il s’agit, en bloquant le cycle de multiplication du virus, d’empêcher qu’il infecte l’organisme. La PrEP consiste aujourd’hui en la prise de Truvada (médicament anti-VIH) pour les personnes à risque et réduit presque à zéro le risque de contamination, d’après plusieurs études. Les résultats de l’essai IPERGAY en France, qui évaluait l’intérêt des antirétroviraux en prévention, ont ainsi montré que la PrEP peut réduire de 86 % le risque d’infection par le VIH.

Cet antirétroviral pourrait bien être accessible, sous certaines conditions, dès la première quinzaine de décembre. Il sera remboursé à 100 % par la sécurité sociale. De quoi enrichir l’arsenal de mesures préventives contre le VIH en France, où l’on dénombre encore 6000 nouvelles contaminations chaque année. Toutefois, la prescription sera néanmoins strictement encadrée : seuls les médecins spécialistes, à l’hôpital et dans les centres de dépistages pourront proposer le Truvada, et un suivi régulier devra être assuré aux usagés.

Vers une PrEP de deuxième génération

Selon l’AIDES : « D’autres essais concernent d’autres ARV : le maraviroc, la rilpivirine, le cabotégravir, sous forme orale ou injectable à libération prolongée, qui permettrait d’éviter des prises journalières. De nombreux autres dispositifs de prévention contenant des ARV sont en  cours  d’évaluation :  notamment  des gels préventifs à base d’ARV pour usage vaginal ou rectal,  des anneaux vaginaux mensuels  ” deux-en-un “ contenant   des ARV et des contraceptifs… »

Sources : le site AIDES

Visuel : ©infosida.nih.gov

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