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Le grand Jean Daniel s’est éteint hier

Le grand Jean Daniel s’est éteint hier

20 février 2020 | PAR Zoé David Rigot

Jean Daniel, fondateur et éditorialiste du Nouvel Observateur, grand interlocuteur et journaliste, s’est éteint hier à l’âge de 99 ans. Près d’un siècle d’une vie d’action, d’ardeur et de création sur laquelle Toute La Culture revient aujourd’hui.

Jean Daniel, né Bensaïd à Blida, en Algérie, est venu au monde le 21 juillet 1920. Très tôt, il se passionne de littérature et lit l’hebdomadaire Vendredi, journal de gauche indépendant intellectuel favorable au Front Populaire. Il entre ensuite en philosophie à l’université d’Alger. Pendant la seconde guerre mondiale, il rejoint la 2e division blindée du général Leclerc, et participe à la Libération.

Il entre ensuite à la Sorbonne pour continuer la philosophie, puis entre en 1946 au cabinet de Félix Gouin, président du Gouvernement provisoire. Il fonde la revue culturelle Caliban avec Albert Camus en 1947, puis commence à écrire des articles pour l’hebdomadaire l’Express, pour lequel il couvre les événements en lien avec la guerre d’Algérie. Il prend parti pour des négociations avec le FLN, mais il est blessé au fémur en 1961…

C’est en 1964 qu’il reprend France Observateur qui devient le Nouvel Observateur avec l’industriel Claude Perdriel. Ce sera un hebdomadaire de la ‘deuxième gauche’, une formule « assez culturelle, assez intellectuelle », disait-il à l’AFP en 2004. Le Nouvel Obs est un succès : il se vend bien, les tribunes sont libres, le journal est ouvert et participe à tous les débats de l’époque. Il défend l’anticolonialisme; l’antiracisme; défend les droits des homosexuels; publie par exemple le manifeste des «343 salopes» pour l’avortement (les 343 salopes qui ont le courage de signer le manifeste ‘Je me suis fait avorter’, que Simone et Hélène de Beauvoir, Marguerite Duras et bien d’autres ont signé); et soutient Mendès-France, puis Mitterand…

Cela l’amène à devenir un très courageux et tenace interlocuteur de personnalités diverses, dont philosophes, écrivains, pédagogues, et personnalités politiques. Il dialogue par exemple avec Jean-Paul Sartre, Michel Foucault, Edgar Morin, Claude Lévi-Strauss, Milan Kundera, Amos Oz, et Paul Ricœur, mais aussi avec François Mitterand et bien d’autres.

Jean Daniel reste directeur de la publication du journal jusqu’en 2008, puis continue d’y écrire jusqu’en 2019. À côté de cela, il écrit une trentaine d’œuvres, dont des essais tels que Cet étranger qui me ressemble (Grasset, 2004) ou encore Mitterrand l’insaisissable (Seuil, 2016) – et ses autobiographies et carnets. En 2012, il est décoré en tant que Grand officier de la Légion d’honneur.

C’est donc un sacré bout d’homme qui nous a quitté hier, en cette année 2020. Il manquera au journalisme, à la littérature et à la réflexion.

 

 

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Zoé David Rigot

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