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La Coupe du monde: événement départagé par la culture bresilienne

La Coupe du monde: événement départagé par la culture bresilienne

11 juin 2014 | PAR Carlos Dominguez-Lloret

La Coupe du monde 2014 va bientôt commencer au Brésil, et une grande partie de la population est toujours en désaccord avec l’exorbitante somme d’argent qu’a dépensé le gouvernement de Dilma Rouseff, pour l’organisation d’un tel événement. Plusieurs manifestations ont eu lieu dans les rues du Brésil. Le propos de ces protestations est de faire comprendre à la planète que le pays n’est pas prêt pour accueillir la Coupe du monde cette année. Les raisons sont nombreuses: le gaspillage d’argent, l’expulsion des gens de leurs maisons à cause de la gentrification des villes et l’état pénible des services publics, sont un bon exemple.  Au centre de la controverse, les artistes se partagent le grand événement: soit pour glorifier le pays et la diversité de la culture brésilienne ou bien pour dénoncer les injustices subies par le peuple brésilien.

Paulo Ito et les artistes de rue s’engagent contre la FIFA

Paulo Ito est un de ces artistes qui croient qu’une des priorités du gouvernement de Roussef devrait être principalement nourrir et éduquer les enfants brésiliens. Ito s’en sert du street art pour faire passer son message au grand public. Le 12 mai, grâce à ses comptes sur Instagram et Twitter, un de ses œuvres est devenue l’emblème de la proteste pour ceux qui sont en désaccord avec le grand événement de la FIFA.

Le fresque d’Ito a été peint  à l’occasion de la Mostra de Graffiti e Artes da Vila Pompéia 2014. L’artiste a choisi de travailler sur la porte d’un école de son quartier qui l’est destinée toutes les années à l’occasion de cet événement.

Goin food-footLa journaliste vénézuélienne, Flora Charner, l’a interviewé et l’artiste a avoué qu’il n’aurait « jamais imaginé que l’image pourrait attirer tant d’attention. » Il a ajouté qu’il « pense que son dessin mural a attiré l’attention des gens car la Coupe du monde aura lieu cette année, mais que cette réalité a toujours été  présente au Brésil. »

Ito a confié à Charner que son inspiration est venue d’une installation faite, l’année dernière, par l’artiste français Goin à Athenes. L’oeuvre de l’artiste français montre un enfant africain, affamé, avec un ballon de football à ses pieds. L’image est traversée par une phrase qui pourrait faire rougir le plus grands supporteurs de foot: « need food, not football. »

D’autres artistes ont pris la même initiative, notament Cranio. L’artiste brésilien avec ses natifs bleues, a fait quelques murales qui dénoncent la corruption derrière la Coupe du monde, mais aussi le faux patriotisme qui saisi les brésiliens tous les 4 ans lors de l’événement. Des manifestations plus simples, mais que font passer le message se voient aussi dans les rues du Brésil: des phrases telles que « Fuck FIFA » ou « FIFA go home » sortent des murs pour illustrer le mécontentement des brésiliens.

Le crew d’artistes de rue, Captain Borderline, est aussi présent. A Rio ils rendent hommage aux gens qui ont été expulsés de leurs maisons à cause de la gentrification subie par les villes au nom de la Coupe du monde. Ils ont aussi exprimé leur soutien à Rafael Braga Vieira qui été incarcéré a Rio de Janeiro et condamné à cinq ans de prison ferme lors des manifestations le 20 juin 2013. Le mur montre Braga Vieira à genoux avec un énorme ballon sur son dos qui représente le calvaire que la FIFA l’a fait subir.

 La culture ministérielle defend la presence de la FIFA au Brésil

En revanche, le ministère de la Culture au Brésil a organisé des activités afin de motiver les brésiliens à soutenir la présence de la FIFA dans le pays. Ces événements sont des palliatifs qui cherchent la conciliation entre la crise économique et le gaspillage d’argent mené par le gouvernement de Roussef.

La Grande Dança Brasil 2014

Les chorégraphes Carlinhos de Jesus et Octavio Nassur ont ressemblé des gens de tous les sexes, âges et issus de toutes les classes sociales afin de participer dans un projet qui cherche montrer la « diversité de la culture » au sein des villes qui participeront à la Coupe du monde 2014. Cet événement est une collaboration du ministère de la Culture et Funarte. La Flash Mob cherche cacher la réalité peu dansante qu’on trouve dans les coins des favelas au Brésil.

Vamos Jogar Bola de Beto Barata

La Coupe du monde a aussi inspiré d’autres artistes comme Beto Barata. Barata est un photographe qui a conçu une exposition photographique et un livre sur la pratique du football à Brasília. Au Brésil il y a le mythe bien répandu que le foot n’existe pas. Mais avec son projet, Barata a voulu montrer que cela n’est pas vrai.

Vamos Jogar Bola! compte 43 images et le livre éponyme, 110 photographies avec des textes et une série d’interviews conduites par Clara Arreguy. Cette exposition débutera le 11 juin à 19h30 au Musée de la Republica. Ce projet a été fait en partenariat avec Artqeduca et la mission sera d’amener des enfants issus des milieux peu favorisés visiter l’exposition. Cependant, cette initiative est autre palliatif qui cherche réduire les tensions entre ceux qui soutiennent le Coupe du monde et ceux qui ne la soutiennent pas.

 Image © Need food not football par Goin Source: GlobalStreetArt


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