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Inauguration des nouveaux bâtiments du CNAC : un fil tendu vers une reconnaissance mondiale

Inauguration des nouveaux bâtiments du CNAC : un fil tendu vers une reconnaissance mondiale

13 octobre 2015 | PAR Kalindi Ramphul

Ce vendredi 9 octobre 2015, a eu lieu l’inauguration des nouveaux bâtiments du Centre National des Arts du Cirque de Châlons-en-Champagne. De nouveaux équipements, un espace immense et de jolis projets, c’est ce que nous propose désormais un CNAC, qui se met, plus que jamais au service de ses étudiants et des professionnels du cirque, pour leur offrir un tremplin vers l’international. Une inauguration qui nous aura offert une performance pleine de grâce et des rencontres inattendues. Toute La Culture se fait aujourd’hui funambule, et glisse sur le fil tendu des ambitions superbes d’une ville réellement concernée par l’art. 

Les projets étaient grands, l’ambition certaine, et la réalisation finalement parfaite. En 2005, l’Etat et les collectivités territoriales avaient mis en place un plan global de travaux : Rénover le bâtiment historique ainsi que les premiers aménagements du site «La Marnaise»(pour en faire un espace chapiteaux), et lancer la construction des nouveaux bâtiments sur ce second site. L’objectif ? Développer ses activités et proposer un réel tremplin aux élèves pour qu’ils puissent évoluer sur une scène mondiale. Créée en 1985, l’école a vu éclore le talent de quelques 300 élèves, issus de 35 nationalités, et qui sont, pour certains, des visages incontournable de la scène circassienne.

Vendredi, c’est donc tout en grâce et en équilibre que l’inauguration s’est ouverte, avec la performance de la jeune Tatiana Mosio Bongonga, fraîchement diplômée du CNAC. La jolie funambule a doucement évolué sur son fil jusqu’à l’intérieur du nouveau bâtiment. On a alors découvert un espace immense, d’une hauteur sous plafond conséquente (14 mètres), et nombre de dispositifs d’entrainement, laissés au service des étudiants. Sous ce chapiteau en dur, pas moins de trois grands studios dédiés à l’enseignement et à la création, des salles de réunion et de musculation, une salle de danse, et même une boîte noire qui sert à pratiquer la magie nouvelle. Un projet d’envergure mené à la baguette par l’architecte marseillais Matthieu Poitevin, qui a su transformer cette ancienne friche agricole en un espace intégralement dédié aux arts du cirque. Le centre a désormais une identité urbaine forte et un intérieur à la modularité augmentée, qui permet une meilleure synergie. L’extension, en grande partie financée et soutenue par l’Etat aura couté quelques 8 millions d’euros.

Si l’éminente et engagée présidente du CNAC, Martine Tridde-Mazloum, a révélé dans un communiqué de presse : « Le niveau d’exigence et de qualité de ses enseignements font du Cnac l’une des premières écoles supérieures d’arts du cirque en Europe, intimement liée à l’éclosion du cirque contemporain pendant ce dernier quart de siècle. » il flotte dans l’air comme un délicieux parfum du « encore plus ». La volonté de l’école est de réellement tendre vers une notoriété internationale et d’offrir ainsi à ses élèves une carrière et une reconnaissance mondiale bien méritée… Certains l’ont acquis, cette renommée tant convoitée. C’est le cas, notamment de deux artistes venus assister à l’inauguration : Manuel Bigarnet et Bernard Quental, anciens élèves diplômés de la première promotion du CNAC. C’est avec émotion qu’ils ont retrouvé certains de leurs acolytes et ont pu se ré-imprégner d’une ambiance définitivement bon enfant.

Débarrassés de l’image d’un art obsolète, les arts du cirque enseignés au CNAC sont modernes et présentent des activités repensées. Ici, point d’éléphant dressé sur les pattes arrières, point de clown entarté ni de chats qui sautent dans des cerceaux en feu, mais de l’élégance, des activités aux doux accents contemporains et du talent! Toute La Culture a eu la chance d’assister à un moment privilégié : les répétitions des élèves de dernière année dans le cirque historique. Les mois qui arrivent sont les derniers de trois années d’un entraînement intense. Mais l’anxiété n’est pas l’émotion première qui se dégage de ces jeunes visages. Le bonheur semble prédominer, dans cet écrin précieux où vivent librement les corps qui tantôt voltigent, tantôt se contorsionnent. Ils sont 18 à évoluer dans une confiance nécessaire à leur profession et semblent ne jamais cesser d’exercer leur art. C’est non sans humour qu’Alain Reynaud, le metteur en scène de leur spectacle de fin d’année, ancien élève de l’école, nous révèle d’ailleurs : « il faut éteindre les lumières pour qu’ils s’en aillent ». Leur vie professionnelle a en effet démarré là, au coeur de ce bâtiment historique qui a vu évoluer 27 promotions d’élèves talentueux. Certains jeunes de troisième année ont déjà monté leur propre compagnie, d’autres rêvent de faire leur chemin ensemble, toujours main dans la main, à la verticale pour certains. Quand ils ne se meuvent pas dans les airs, ils prennent un moment pour attraper une trompette ou une guitare et forment un orchestre faussement improvisé d’où se dégage une énergie fantastique. Alain Reynaud nous livre : « ils ne savent pas tous lire la musique, ils ont appris comme cela ». Quels talents n’ont-ils donc pas ?

Toute La Culture vous révèle, en exclusivité les informations relatives à leur spectacle (effectué dans le cadre d’une cellule d’insertion professionnelle instaurée par l’école) intitulé : …Avec vue sur la piste. Main à main, sangles, mât chinois et indien, bascule coréenne, cadre aérien, roue Cyr, vous pourrez assister à ces disciplines extraordinaires au Cnac à Châlons-en-Champagne, dans le cirque historique, les 9, 10, 11, 12 et 16 décembre à 19h30, le 13 décembre à 16h. Puis, au Parc de la Villette, du 27 janvier au 21 février.

Visuels : ©Kalindi Ramphul

 

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Kalindi Ramphul

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