Actu

Décès du poète et romancier Georges-Emmanuel Clancier à 104 ans

Décès du poète et romancier Georges-Emmanuel Clancier à 104 ans

05 juillet 2018 | PAR Solene Paillot

L’auteur de « Le Pain noir » Georges-Emmanuel Clancier, est mort mercredi 4 juillet dans son sommeil à l’âge de 104 ans.

Georges-Emmanuel Clancier est né à Limoges le 3 mai 1914 et « est mort cette nuit vers 05h45 dans son sommeil », a indiqué à l’AFP une attachée de presse d’Albin Michel, dans son appartement du Trocadéro envahi d’objets témoins de sa si longue vie. L’écrivain limougeaud était l’auteur d’une œuvre très variée notamment Le pain noir, paru en 1956, une suite romanesque de 4 volumes racontant l’histoire de sa famille maternelle dans le terroir limousin entre 1870 et la fin de la première guerre mondiale. Georges-Emmanuel Clancier commence en 1931 à écrire des poèmes et collaborera dès 1933 avec des revues notamment les « cahiers du sud ». Très vite, il est récompensé du Grand Prix « Maurice Bourdet » pour ses reportages en France et à l’étranger. C’est par son intermédiaire que des écrivains « interdits » par le régime de Vichy comme Paul Eluard, Aragon, ou Pierre Emmanuel ont pu être publiés. En 1955 il intègre la direction générale de la Radiodiffusion et de la Télévision en France jusque dans les années 70, année ou son célèbre roman Le Pain Noir est adapté à la télévision par Serge Moati et Françoise Verny.

« J’écris en sachant que la mort peut frapper à n’importe quel moment »

En 2016, alors qu’il souffle sa 102ème bougie, le poète publie le quatrième tome de ses Mémoires (1935-1947) intitulée Le Temps d’apprendre à Vivre. Il y raconte son expérience en tant que résistant à l’Occupation et au régime de Vichy notamment avec son travail à la revue Fontaine dirigée à Alger par Max-Pol Fouchet. L’homme couronné par de nombreux prix tel que le Goncourt de la poésie, le prix des libraires et le Grand prix du roman de l’Académie française, déclarait au Nouvel Obs en 2013 « J’écris en sachant que la mort peut frapper à n’importe quel moment. Je m’y prépare sans crainte. D’autant que je ne crois pas en Dieu. Si d’ailleurs il existait, ce serait le diable » avant d’ajouter « J’ai déjà préparé ma dernière demeure. Ce sera au cimetière Montparnasse, dans une tombe sur laquelle sera gravé, en guise d’épitaphe, un distique tiré d’un de mes poèmes: ‘Nous qui sommes trace éphémère/Dans la merveille et dans l’effroi’. Il paraît que l’allée est très bien fréquentée et que je ne serai pas loin de Beckett ». L’auteur de L’Éternité plus un jour était également marié à la psychanalyste Anne Clancier, décédée en 2014, depuis trois quarts de siècle. Ensemble ils ont eu deux enfants et une vie très riche.

Crédit photo : ©Wikipedia

Eurovision 2018 : la chanson gagnante accusée de plagiat
Les vernissages de la semaine du 5 juillet
Solene Paillot

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *