« Gelsomina », lumineux Spin Off de LA STRADA au Studio Hébertot

30 mai 2016 Par David Rofé-Sarfati | 1 commentaire

Pierrette Dupoyet a tiré du film  La Strada  de Federico Fellini, une adaptation théâtrale, simple et émouvante.

Gelsomina est le personnage féminin du chef-d’œuvre de Federico Fellini La Strada.
Le film est un drame du néo-réalisme italien. La femme de Fellini, Giulietta Masina tient le rôle de cet enfant naïf et angélique qui vendue à un hercule de foire, Zampano interprété par Antony Quinn, va connaitre la vie des bonimenteurs et des forains, la rue, la Strada et sa violence. Elle va sur ce chemin d’infortune concevoir de quoi sont fait nos vies. Découvrir et la rudesse des hommes et la nécessite de l’amour.
À partir du film et sous les conseils bienveillants de Fellini lui-même et de sa femme, Pierrette Dupoyet a écrit un texte magnifique où l’histoire est racontée du point de vue de Gelsomina sous la forme d’un tendre et attachant carnet intime.
Nina Karacosta est une comédienne formée aux Usa en Grèce et en Grande-Bretagne, poétesse, metteure en scène et auteure d’origine grecque. Elle s’est saisie du texte de Pierrette Dupoyet et s’est mesurée au pari fou de créer une Gelsomina qui viendrait se rabattre sur la resplendissante Guileta Masina. Le physique n’est pas le même, l’accent grec n’est pas l’accent italien et Giulietta Masina est évidemment incomparable. Pourtant, Nina Karacosta, sort victorieuse de son combat contre cette comparaison impossible,  et contre une mise en scène triste et sans audace.
Michel Bouquet lorsqu’il enseignait l’art dramatique invitait ses élèves à mâcher et remâcher les phrases pour que le texte prenne chair. Nina Karacosta sait mâcher le magnifique texte de Dupoyet pour nous émouvoir. L’émotion prend chair.
Et devant nous, Gelsomina repère que l’on peut mourir des fois d’un coup qui ne nous est pas destiné. Elle joue de la trompette pour que quelque chose sorte d’elle, pour que la vie passe par elle. Elle tombe amoureuse d’un clown pour habiter dans les rêves de ce fou, elle qui n’habite nulle part. Tout est utile et nécessaire comme le moindre petit caillou, ajoute-elle encore.

Karacosta nous donne par son talent et son engagement le message de Gelsomina. Elle fait novation au film et l’on en oublie Masina. La Gelsomina de Karacosta, optimiste, contourne le désespoir, décline une radicale déception, préfère y voir une suite de simples déconvenues. Elle garde espoir et sourire et ne renonce à croire à l’amour.

À la différence du film elle ne meurt pas à la fin ce qui finit de transformer la pièce, qu’il faut aller voir car comment ne pas être ému aux larmes par cette innocente qui sait s’attarder au spectacle de la vie, en un conte enchanté et Nina Karacosta en une Gelsomina lumineuse.

Crédit Photos ©Double Spirale + Affiche

Auteur : Pierrete Dupoyet
Artistes : Nina Karacosta
Metteur en scène : Driss Touati


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