Dans les douces vrilles de Nans Martin à Faits d’Hiver

3 février 2017 Par
Amelie Blaustein Niddam
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Le festival Faits d’Hiver bat son plein et cela jusqu’au 9 février. Nans Martin était encore hier dans la salle blindée de l’atelier de Paris pour présenter sa douce creation D’œil et d’Oubli.

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Le jeune danseur et chorégraphe Grassois continue son exploration des pas fondateurs de la danse. Ici, la vrille, la traversée et le pas. Dans une histoire sans début ni fin, D’œil et d’Oubli nous rend voyeur d’un groupe qui d’abord s’entend puis se disloque sans violence. Chacun pour soi ici, pendant une belle part du spectacle. Que portent-ils ? Quelles douleurs ? On ne le saura pas. La musique se joue live ici nous faisant passer d’un chant qui pourrait être grégorien à des beats techno puis orientaux.

Guillaume Barre, Perrine Gontié, Rémi Leblanc-Messager, Claire Malchrowicz, Nans Martin, Sylvain Ollivier et Joan Vercoutere semblent faire un deuil. Expérience intime et collective puisque l’être disparu était forcement en lien avec d’autres que vous. On voit un corps qui tombe et qui mettra du temps à se relever, assez pour comprendre le drame.

Nans Martin essaie ici de construire et déconstruire, c’est là la symbolique du décor, une masse architecturale faite de planches qui s’imbriquent et se séparent. La danse est calme, personnelle. On voit les dos et les têtes chercher l’arrière et les thorax s’ouvrirent.

Si la pièce mériterait d’être resserrée pour augmenter en intensité, le travail sur le déplacement du regard, la circulation des danseurs au plateau interdisant aux spectateurs de pouvoir tout voir est pertinent et résonne parfaitement avec cette notion de solitude en public, de décalage au monde, propre au deuil.

D’Oeil et d’oubli sera présenté aux Hivernales, à Avignon le 22 février.

photo © Nina Flore Hernandez


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