[Live report] Avishai Cohen’s NY Division Sextet, à la Philharmonie de Paris comme à New-York

29 février 2016 Par Elie Petit | 0 commentaires

Avishai Cohen et son NY Division Sextet donnaient samedi 27 février le deuxième de ses trois concerts exceptionnels à la Philharmonie de Paris. Plus classique sur la forme, plus jazz sur le fond, toujours aussi beau.

Notre article traduit en anglais sur le site d’Avishai Cohen : http://avishaicohen.com/2016/03/07/tonight-avishai-cohen-led-new-york-to-paris-masterfully/

Sur une scène teintée de bleu, la formation est unique. Il a réuni « les meilleurs à son goût », la connexion New-Yorkaise du contrebassiste de jazz et compositeur israélien Avishai Cohen. Au piano, Omri Or, à la guitare Kurt Rosenwinkel, à la batterie, le grand Mark Guiliana, à la trompette Diego Urcola et au trombone, Steve Davis.

Cette connexion est éprouvée tant chacun a une histoire forte avec Cohen. Celui-ci jouait sur le premier disque de Rosenwinkel. Davis jouera sur les deux premiers albums de Cohen en tant que band leader. Omri Or est le pianiste régulier du piano depuis le depart de Shai Maestro pour une carrière solo. Guiliana, batteur du dernier album de David Bowie, Blackstar, collabore avec lui depuis 2002. Urcola depuis 2001.

Avishai Cohen mélange les époques en alternant des titres anciens avec une de ses dernières compositions. Le tout dans un style, moins oriental qu’à l’accoutumée, très new-yorkais. Les solos se succèdent, chacun formidablement bien exécutés. Et Guiliana est définitivement excellent.

Avishai Cohen ne fait presqu’un avec sa contrebasse. Ou l’inverse. Ses doigts s’agitent, remontent et descendent, d’une inspiration virtuose. Il sublime sa propre musique à chaque solo, travaillant des motifs avec une grande facilité.

Le piano d’Omri Mor, inventé par Avishai Cohen a toujours cela de particulier qu’il en fait un instrument rythmique et mélodique à la fois. Rosenwinkel varie les effets sur la guitare. C’est un ensemble très naturel, autour d’un leader naturel. Et le plaisir contagieux de les voir jouer. Cohen complimente ses musiciens quasiment à chaque morceau. De l’amitié et de l’admiration transpire des yeux des reposés à chaque session de solos.

Chaque morceau étant plus rapide que le précédent, le rythmes est effréné et Cohen ordonne des series de chorus de 8 mesures. Chacun est un exploit. Le morceau suivant cette folie est très lent ce qui fera dire à Cohen qu’il lui permet de démontrer qu’on peut tout faire avec les instruments, même dépasser les limites de la lenteur.

Sortie de scène. Avishai Cohen revient seul. Avec sa seule voix et sa contrebasse. Pour expliquer la vie de musiciens, sans cesse sur la route, loin de chez soi, il interprète le magnifique negro spiritual I feel like a motherless child. Moment très émouvant avant son magnique Alphonsina y el Mar, qu’il aurait souhaité composer dit-il.

Viendra évidemment ensuite Sevens Seas, acclamé. Et enfin Remembering, en souvenir aux victimes des attentats de Paris avec une pensée particulière pour le Bataclan où Cohen et Guiliana ont joué séparement. Un grand moment, un silence de vie. La concentration des spectateurs vivants pour les assassinés.

Ce soir, Avishai Cohen menait New-York à Paris, de main de maître.


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