Musique
Concert de Kery James à la Philharmonie : le poète noir et ses invités

Concert de Kery James à la Philharmonie : le poète noir et ses invités

07 février 2022 | PAR Orane Auriau

Le rappeur Kery James nous a livré ce samedi 4 février un concert à la Philharmonie dans une version acoustique de son répertoire, à l’occasion de la clôture de l’exposition Hip-hop 360

Le poète noir et ses invités

Le parolier politiquement engagé a ainsi conclu son Mélancolique Tour, dans ce concert intitulé “Le poète noir et ses invités”. Un show de plus de deux heures -mais le temps est passé vite. Il était accompagné par de la percussion (Pierre Caillot), au clavier (Nicolas Seguy) au marimba (Aymeric Westrich). ainsi que par un chœur participant à certains de ses morceaux. Pour l’occasion, de nombreux invités étaient au programme : comptant notamment la chanteuse Imany, Lilian Thuram. 

Kery James a ainsi, dans un autre format musical, repris ses titres à succès en survolant son répertoire depuis ses débuts. Il ouvre le bal sur la chanson autobiographique qui l’a fait connaître – 28 décembre 1977. Dans cette mise en scène simple, le parolier fait de la musique de sa prose, sans erreur. Un interprétation sobre, mais puissante, d’autant plus au sein d’un tel décor prestigieux qu’est la Philharmonie de Paris, symbolique – exit l’orchestre symphonique, on assiste au concert d’un rappeur chantant pour les banlieusards, la France “d’en bas”.

Le public reste suspendu à ses lèvres- l’audience est nombreuse mais attentive et scande quelquefois ses lignes. Oui, il s’agit bien là d’un véritable poète, d’une prose sensible et touchant à des questions sociétales importantes. Les vécus liés aux banlieues, les violences policières, l’Etat français, les médias et la montée de l’extrême-droite, la fierté noire, les problèmes d’une société individualiste, ce sont tous ces sujets qu’il évoque. Les titres à coloration politique et sociale se succèdent : La mort qui va avec, Lettre à la République, Constat amer. L’un des moments forts en sera la venue d’Imany, lisant le discours d’Amal Bentounsi du 10 mars 2017, après l’annonce de la condamnation du policier ayant tué d’une balle dans le dos son frère, Amine Bentounsi. C’est alors que Kery entame sa chanson écrite en son hommage, Amal– plus belle encore jouée en live. C’est ça la force du rappeur – la transmission de ses émotions et de son énergie. 

Un tel format instrumental nous permet de voir l’artiste d’une autre manière, avec une prose et un flow qui se révèle plus sincèrement encore. Cette mise en scène légère met ainsi en valeur son récit, et la véritable puissance qui s’en dégage. L’avenir de la poésie et la véritable poésie, c’est ça. La force de Kery James, c’est de donner l’énergie pour vouloir s’en sortir et ouvrir les yeux sur nombre de problèmes sociétaux.  

 

Une énergie scénique

Alors que la première partie du concert était plus “douce”, il revient par la suite débarrassé de son costume noir, avec une interprétation différente – on assiste soudainement un changement d’énergie, à une montée en puissance à compter de son interprétation de Douleur ébène, où il met littéralement le feu à la scène. Nous faisant participer à son rap, nous lever, nous faire sauter, applaudir, lever le poing. Lui-même bouge, fait des percussions ou danse en enchaînant les titres comme Le mélancolique ou Vent d’état.  

Le tout se clôture sur son morceau le plus connu – Banlieusards – avec un aparté sur son association ACES, destiné à aider des étudiants précaires dans leurs études. Des chèques ont ainsi été remis par Lilian Thuram à des étudiants issus de banlieues et invités à s’exprimer sur scène, choisis pour cette occasion de la ville de Stains (93) et Trappes (78).

 

Visuel : Kery James/Affiche de Le poète noir et ses invités. © Vincent Corrion

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Orane Auriau

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