Bavardages avec William Sheller dans le cadre de Chorus

19 mars 2011 Par Bérénice Clerc | 0 commentaires

William Sheller se fait hélas rare, le festival Chorus nous l’offre au Carré Bellefeuille de Boulogne Billancourt.

Un bel auditorium nous ouvre ses portes neuves, un piano à queue seul entre fumée et pénombre habite l’espace scénique.

Chacun de nous garde en tête une mélodie de Sheller, un rythme une pâte sonore personnelle où les mots taillés dans un français de luxe, brillent et émeuvent à merveille.

Musicien à la formation solide et classique, il décide de se lancer dans le rock et le pop malgré les réticences de son maître ancien disciple de Gabriel Fauré. Il se retrouve piégé dans les affres du Show Bizz et des médias avec Rock’n’dollars, moquerie faussement anglo-saxonne digne des plus beaux playbacks télévisés pour auditeurs ou adolescents crédules. Il décide de quitter tout ce monde absolument opposé à ce qu’est la musique et surtout à son niveau réel. Il revient avec le superbe album Nicolas, suivront d’autres perles, des scènes multiples, des orchestres symphoniques, des quatuors à cordes, des quintettes et des compositions sans mots. Il donne libre court à ses rêveries musicales, agrémentées de mots.

La lumière se baisse dans la salle comble, William Sheller entre en scène en costume chinois sobre et noir, il nous salut et se met au piano.

Il nous fait entrer dans son univers, commence à nous raconter comment il s’est retrouvé à chanter seul au piano, un jour où les frontières de l’Europe existaient encore, ses musiciens se virent confisquer leurs instruments, il dut assurer et se rendit compte de la différence de rapport avec le public induite par la proximité. Il décida ainsi de prendre la route et de raconter l’histoire de ses chansons. Nous sommes chez Wiliam Sheller, il nous raconte une partie de sa vie, de ses inspirations. Les premières notes de Je cours tous seul résonnent, le piano a un son dense, plein, la balance est juste et la salle parfaite pour ce type de concert. Les lumières sont très classe, sobre et varient selon les morceaux, la création est aussi belle que la musique. Le voyage entre chaque chanson est accompagnée de mots et de notes comme lancés pour soutenir ou accompagner le verbe, simplement. William Sheller parle de son enfance, lorsqu’il revient en France après des années aux USA, terre d’origine de son père dans le milieu du Jazz. Yvonne une voisine bretonne l’accueil, lui fait promener le chien. Chez elle l’odeur du poireaux écœure l’enfant qu’il est à l’époque, il ne veut surtout pas rester chez elle pour avoir à manger cette horreur malodorante. Un jour ses parents vont à un concert et le font dormir chez elle… Pour ce moquer elle lui dit qu’il ne reviendront jamais…il ironise nous dit qu’elle est responsable de multiples années de psychanalyse et surtout de l’idée de la superbe chanson Nicolas.

Les compositions de William Sheller sont exceptionnelles, elles laissent à penser qu’elles sont simples comme de la variété, mais vous entrainent dans un univers profond, riche, digne des plus grands compositeurs classiques. Du beau, du très beau piano, des mains agiles rythmées et soutenues par des textes fins, drôles, émouvant et justes. Une certaine mélancolie se dégage de l’univers Sheller, mais celle qui vous donne de l’énergie, de l’espoir de chanter encore et encore pour vivre, avancer le long de la vie parfois caillouteuse.

D’anecdotes en anecdotes il nous parle de son enfance. De retour en France où il découvre ses grands parents maternels. Sa grand-mère est ouvreuse au Théâtre des Champs Elysées et son grand père décorateur à l’opéra Garnier. Il rencontre ainsi l’univers classique, l’opérette et l’Opéra vu des coulisses au cœur de l’action. Il résume en trois phrases Madame Butterfly, fait rire le public et démarre sa version vue du Capitaine.

La poésie des mots simples nous emporte, nous captive, le piano sublime virevolte des Miroirs dans la boue, à Vienne de Barbara réarrangée en passant par Genève, pour croiser les Filles de l’aurore composée une nuit sans sommeil, Fier et fou de vous, Simplement, Loulou, Mon hôtel…

Un été au moment de la sieste lorsqu’il entendit un enfant hurler en boucle avec son ballon à la main « Maman est folle, maman est folle, maman est folle, maman est folle », il dut se lever pour composer la géniale Maman est folle.

Elvira est tellement riche et la composition ciselée exceptionnellement dure à jouer comme A Franchement Parlé ou les Machines absurdes sont jouées avec panache, brio et une simplicité déconcertante.

Un vrai concert où l’artiste est au centre, pour les bonnes raisons, la musique enivrante, des mots poétiques et porteurs, une belle lumière et une force fantastique comme une symphonie. Le public le rappelle encore et encore, il le dit « je n’allais pas partir sans vous la faire quand même ! » Un homme heureux ravit le public déjà conquit. Il ne manquait plus qu’un Vieux Rock’n’Roll pour faire chanter la salle à l’unisson et terminer ce moment de partage dans la joie et la bonne humeur.

Ces bavardages avec William Sheller furent plus qu’agréables, il tient salon autour de ses chansons, la ballade est belle, douce, sentimentale, drôle, forte, multicolore, unique et rare.

William Sheller nous laisse seul, il repart pour sa belle et calme campagne, mais nous gardons l’espoir qu’un album nous arrivera bientôt, riche de notes avec ou sans mot.


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Une nouvelle semaine pleine de nouveaux films à découvrir débute ce mercredi 20 janvier. Sur vos écrans, entre autres, un drame inspiré d'une histoire vraie avec The Danish Girl, de l'action avec Legend ou encore une comédie légère et poétique avec Paris-Willouby. 

[gallery ids="444558"] The Danish Girl de Tom Hooper 

Ce drame dépeint la véritable histoire d'amour entre Gerda Wegener (Alicia Vikander) et Einar Wegener (Eddie Redmayne), devenu plus tard Lili Elbe suite une chirurgie de réattribution sexuelle en 1930.

Legend de Brian Helgeland 

Des jumeaux, Ronnie et Reggie Kray, doublement interprétés par Tom Hardy, sont les gangster les plus connus du Royaume-Uni. A la tête d'une des mafias les plus puissantes dans les années 1960, rien ne semble pouvoir stopper leur mainmise sur la city londonienne.

  Paris-Willouby de Quentin Reynaud et Arthur Delaire 

Les membres de la famille recomposée Guilby Lacourt entreprennent un voyage de Paris à Willouby lorsqu'ils apprennent le décès du grand-père maternel qu'ils ne voyaient plus depuis une dizaine d'années. Tous différents, ils ne se comprennent plus et vont devoir, à travers ce périple, réapprendre à former une famille.

Les Chevaliers blancs de Joachim Lafosse 

Les Chevaliers blancs retrace une affaire humanitaire qui a s'est déroulée en 2007 dans laquelle une association a tenté de faire sortir une centaine d'enfants du Tchad, prétendus orphelins, afin de les faire adopter en France.

Chorus de François Delisle Christophe et Irène ont vu leur fils disparaître un jour où il rentrait de l'école. Ce drame les a éloigné, l'un au Mexique et l'autre au Canada. Dix ans après, un appel de la police les réunit. Je veux être actrice - Frédéric Sojcher  Je veux être actrice raconte l'histoire de Nastasjia, dix ans, qui rêve de devenir actrice ! Elle rencontre alors des acteurs et des réalisateurs, parmi lesquels Patrick Chesnais, Michaël Lonsdale, François Morel, Denis Podalydès, Philippe Torreton ou Jacques Weber, qui lui confient chacun son secret. Visuel : © Affiche du film." ["post_title"]=> string(46) "Les sorties ciné de la semaine du 20 janvier " ["post_excerpt"]=> string(0) "" ["post_status"]=> string(7) "publish" ["comment_status"]=> string(4) "open" ["ping_status"]=> string(4) "open" ["post_password"]=> string(0) "" ["post_name"]=> string(44) "les-sorties-cine-de-la-semaine-du-20-janvier" ["to_ping"]=> string(0) "" ["pinged"]=> string(0) "" ["post_modified"]=> string(19) "2016-01-26 11:43:38" ["post_modified_gmt"]=> string(19) "2016-01-26 09:43:38" ["post_content_filtered"]=> string(0) "" ["post_parent"]=> int(0) ["guid"]=> string(35) "http://toutelaculture.com/?p=444541" ["menu_order"]=> int(0) ["post_type"]=> string(4) "post" ["post_mime_type"]=> string(0) "" ["comment_count"]=> string(1) "0" ["filter"]=> string(3) "raw" ["post_category"]=> string(1) "0" } [1]=> object(WP_Post)#4232 (25) { ["ID"]=> int(437626) ["post_author"]=> string(3) "187" ["post_date"]=> string(19) "2015-12-19 00:00:11" ["post_date_gmt"]=> string(19) "2015-12-18 22:00:11" ["post_content"]=> string(9345) "

La techno adaptée aux circonstances de Yan Wagner (via The Populists), la mutation en Français de Jil Is Lucky, les balades au piano de Yan Tiersen...la playlist de la semaine, rendez-vous hebdo confectionné par Toute La Culture, rien que pour vos oreilles et pour vos tympans exigeants :

1. The Populists, « Manif Pour Tous »

Avec le meilleur score réalisé par le Front National aux dernières élections régionales, et avec l’élection à la tête de la région Île-de-France d’une sympathisante des combats rétrogrades de la Manif pour Tous (Valérie Pécresse donc), rien n’est plus nécessaire en ce moment que d’écouter The Populists, le projet technoïde de Yan Wagner qui fait paraître son 2nd EP, Lipdub. Des beats contestataires, des titres de morceaux en guise de manifestes démagogues (« Ni Ni », « Manif pour Tous », « Amalgames ») et un visuel qui cible l’une des plus dignes représentantes (Nadine Morano en personne) du populisme décomplexé à la Française. La techno comme combat.

2. Jil Is Lucky, « Manon »

Il y a presque trois ans, lorsque l’on avait rencontré Jil Is Lucky pour la sortie de son second album In The Tigers’ Bed, on interrogeait Jil sur sa volonté de s’essayer, un jour, à l’interprétation de sa pop dans la langue qui est initialement la sienne (c’est-à-dire le Français), jusqu’ici exclusivement récitée en Anglais. Réticent à l’époque, c’est pourtant donc aujourd’hui en Français que Jil est sur le point de faire paraître son 3e album (Manon, Roy Music), porté par un premier extrait qui dit cette passion pour ces filles si difficiles à saisir que l'on préfère, encore, écrite des romances dessus.

3. Yann Tiersen, « Porz Goret »

Dix morceaux, tous interprétés au piano et inspiré par un lieu directement lié à l’île d'Ouessant, la commune à l’intérieur de laquelle réside celui qui a fait paraître l’an passé le magnifique Infinity : voilà le pitch d’Eusa, le nouveau Yan Tiersen dont les ambiances minimalistes pourront se voir accompagner, en se procurant le livre de partitions, d’un code de téléchargement donnant accès aux enregistrements captés directement sur le terrain. Une manière pour le Breton d’inviter l’auditeur directement sur son île, avant qu’il ne vienne directement à lui : une tournée en solo et au piano est prévue pour le mois de mai 2016.

4. Polish Night Music (David Lynch & Marek Zebrowski), « Night (A Landscape With Factory) »

Toujours pas de retour cinématographique pour David Lynch (Inland Empire, son dernier long métrage, date désormais de 10 ans), mais une nouvelle collaboration musicale, deux ans après la parution d’un second album personnel (The Big Dream) dont ce nouveau projet s’écarte considérablement. Sur Polish Night Music, ce projet mené avec le pianiste Marek Zebrowski et orienté, comme son nom l’indique, vers le récit d’une nuit polonaise, on n’entend en effet, et contrairement à hier, à aucun moment la voix nasillarde et robotisée de l’auteur de Muholland Drive, remplacée tout le long de l’EP par un piano douloureux et des essayages nombreux.

5. Garry Todd, « Whats Ya Name »

Dernière sortie du label berlinoise BPitch Control, Nora Lillian est le premier LP de l’Anglais Garry Todd (mais qui passe la plupart de l’année à Sydney), qui perpétue la tradition dangereusement house et technoïde de la maison fondée par Ellen Allien. Ici, on écoute le vénéneux et psychédélique « Whats Ya Name », qui fait planer du cerveau autant qu’il fait bouger le bas du dos. Un nom à retenir donc.

6. DeWolff, « Sugar Moon »

A la croisée de mythes païens (on fait appel ici à la figure du « roux-ga-roux », sorte de loup garou de Louisiane vu ici comme une sorcière) et de légendes bâties par leurs propres contemporains (on pense ici au blues rock de Black Keys, de Jack White, de Chinese Army ou de No Money Kids), les DeWolff sortiront l’an prochain leur 6e album studio, le dénommé Rou-Ga-Roux donc, un album teasé par un single « Sugar Moon », qui dit décidément l’attrait du groupe pour ces ambiances lunaires qui permettent de convoquer ces éléments dont on ne sait pas toujours très bien s’ils proviennent des éléments primitifs de la nature, ou bien des tréfonds tortueux de nos imaginations.

7. Patrick Bruel, « Vienne »

Patrick Bruel reprend la longue dame brune dans un album d'hommage en 15 chansons qui s'intitule Très souvent je pense à vous (Columbia).  Des reprises très classiques dans le choix des titres (presque tous compris sur le double-album Best-of Femme Piano) où de temps en temps une liberté de parole est prise eu égard au changement de genre du chanteur (pas de « femmes de marins » dans « Dis quand reviendras-tu ? ») Le timbre si spécifique de Bruel pourrait fonctionner avec le répertoire de Barbara, mais la volonté de marquer l'émotion avec des arrangements grandioses nuit souvent à l'intimité et à la force des chansons. Un bel exemple de cette entreprise mitigée est la chanson magnifique et un peu moins connue de Barbara « Vienne » où le parlé-chanté de Bruel fonctionne mais où les cordes s'emballent un peu trop et trop nombreuses pour ramener à l'esprit cette rêverie solitaire sur le manque de l'être aimé. Gageons néanmoins que Très souvent je pense à vous se trouvera sous bien des sapins cette année ! (Yaël Hirsch)

Visuel : (c) pochette de Lipdub de The Populists

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Après avoir endiablé les planches de Rock en Seine et du Hellfest, Ghost était de passage à la Cigale de Paris ce lundi 7 décembre. Ce Black to the Future Tour inaugurait une première tournée européenne en tête d’affiche pour ce groupe suédois. À l’instar de la date parisienne affichant sold out en douze jours, Papa Emeritus et ses « nameless ghouls » remplissent les salles à travers le vieux continent. [gallery ids="436404"]

Il est un peu de plus de 20h lorsque l’on s’engouffre dans la belle salle du Boulevard de Rochechouart. La première partie Dead Soul vient de finir son set mais les gens continuent d’affluer. À l’évidence, cela n’est pas prêt de s’arrêter. Pour l’occasion, la Cigale sera transformée en un temple du rock, dans lequel les fidèles sont venus nombreux. Une musique d’église fait patienter et les premiers cris se font entendre lorsque la batterie est dévoilée. Progressivement, la tension monte. La scène est sobre. Peu de décors encombrent l’espace. On se demande alors comment les Suédois défendront leur excellent dernier album Meliora.

20h30. les lumières s’éteignent pour de bon. Seul éclairé, un guitariste masqué envoie les premiers riffs de « Spirit ». Soudain, de l’autre côté de la scène, le batteur apparaît et l’accompagne. La messe peut alors commencer et, sorti de la pénombre, Papa Emeritus III se place au milieu de la scène. Coiffé d’une mitre et portant une toge floquée des symboles de Ghost, le chanteur ensorcelle immédiatement, par une gestuelle lente, ses musiciens et son public. Cette introduction rendra compte de l’atmosphère particulière qui règnera dans la salle pendant plus d’une heure et demie. Extrait du dernier opus, « From the Pinnacle to the Pit » suivra. Envoutée, la foule connaît les paroles et les reprend en chœur. Sans aucun doute, le jeu de scène des musiciens est travaillé. Les deux guitaristes et le bassiste occupent tout l’espace et connaissent les moments où, pour plus d’effets, ils doivent se réunir et jouer côte à côte. Quant à lui, le charismatique frontman n’hésitera pas à s’effacer pour mettre en valeur les « nameless ghouls ». D’ailleurs, après chaque solo, il incitera le public à applaudir la performance.

En plus de défendre son dernier album, Ghost développe différentes ambiances en proposant une setlist efficace composée de titres issus de l’ensemble de sa discographie. Comme le prouvent « Con Clavi Con Dio » et « Per Aspera ad Inferi », Opus Eponymous (2010) et Infestissumam (2013) sont des disques dont certains morceaux prennent une toute autre dimension en live. En milieu de performance, « Cirice », « Year Zero », puis la magnifique balade « He is », incarneront un superbe enchaînement. Dans la fosse, il s’agira alors de chanter, de taper des mains, de sauter et de danser. La température avoisinera alors celle d’une fournaise... Alors que, pour la seconde partie du spectacle, Papa Emeritus troquera sa tenue religieuse pour celle d’un maître de cérémonie, le très électrique et diabolique « Mummy Dust » fera trembler la Cigale. Après ce titre lourd et presque progressif, Ghost marquera un temps d’accalmie grâce au titre acoustique « Jogolo Har Megiddo ». Le contraste et le changement d’ambiance sera plus que plaisant.

La force de ce groupe suédois réside dans les sonorités que les musiciens parviennent à produire. Ils modernisent le son pop rock des années 70-80. Ainsi, avant le rappel, ils reprendront le titre « If You Have Ghost » de Roky Erickson. Une belle reprise présente sur l’EP du même nom sorti en 2013 ! Lors du final, le combo saluera le public avec un drapeau français marqué du sceau Ghost et terminera son concert avec « Monstrance Rock », chanson dont les paroles résonneront longtemps dans la salle. Bénéficiant d’une bonne qualité de son, cette formation nordique réussit donc son pari de remplir les salles. Ghost développe un concept élaboré à l’esthétique mystique et raffinée. Malgré la brève apparition de deux nonnes, on regrettera simplement le manque de décor et de mise en scène pour renforcer l’impact du spectacle. Sans aucun doute, lors de prochaines tournées, le groupe reviendra pour des concerts encore plus impressionnants.

Visuel : (c) ST

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Le groupe de rock californien Eagles of Death Metal, qui jouait au Bataclan lors des attentats du 13 novembre, devrait rejoindre le groupe irlandais U2 sur scène pour la dernière chanson de leur concert à Paris lundi 7 décembre, selon Le Parisien qui confirmait l'information annoncée la veille par le magazine américain spécialisé musique Billboard.

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Après les déclarations faites par ces deux journaux, on a pu voir le bassiste du groupe, Adam Claytonan, se filmant dans une vidéo postée samedi sur la page Facebook de U2 et déclarant : "Demain sera le premier de nos deux derniers concerts, nous allons avoir des invités spéciaux et on va faire une vraie fête". L'apparition du groupe Eagles of Death Metal pour le concert de U2 n'a toutefois pas été confirmée officiellement, que ce soit par les producteurs, les maisons des disques ou les groupes concernés, U2 se contentant de conclure son concert de dimanche soir à Paris par un simple "A demain".

Si les Eagles of Death Metal ont déjà exposé le souhait qu'ils voulaient être le premier groupe à rejouer au Bataclan quand il rouvrira ses portes, le groupe créerait une véritable surprise en venant jouer au concert de U2 qui se produisent à l'AccorHotels Arena ce lundi 07 décembre.

Encore sous le choc des attentats, le groupe a également lancé une vaste opération de charité musicale dont tous les revenus seront reversés aux victimes des attentats de Paris et à la famille de leur responsable du merchandising Nick Alexander, qui a perdu la vie au Bataclan avec 89 autres personnes. C'est une opération de reprises musicales baptisée "Play It Forward Initiative". "Pour chaque reprise vendue, nous nous engageons à reverser l'intégralité des revenus d'édition du morceau à la Fondation Sweet Stuff" dédiée jusqu'au 31 décembre aux victimes du 13 novembre, a écrit Josh Homme, fondateur des Eagles of Death Metal (et leader des Queens of The Stone Age).

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Pendant deux soirs, Pathway To Paris a réuni de grands noms du militantisme au service de l’information des citoyens sur le climat dont la journaliste canadienne Naomi Klein, auteur de No Logo (publié en 2002) et La Stratégie du choc (2008), le militant et auteur américain Bill McKibben, et parmi les plus grands musiciens de la scène rock mondiale.

Pour donner à leur événement un pouvoir de conviction universaliste, Jesse et Rebecca ont choisi d’organiser deux concerts, les 4 et 5 décembre, avec la participation d’artistes engagés, au Trianon dans le nord de la capitale. C’est pour ce beau projet qu’elles ont réussi à réunir les plus puissants noms de la musique tout en s’assurant que la soirée laisserait place aux discours et à la conviction. Le pari est grandement réussi. Sur scène sont donc annoncés le musicien tibétain Tenzin Choegyal, le chanteur congolais Fally Ipupa, le bassiste américain Flea, membre du groupe Red Hot Chili Peppers qui multiplient les projets depuis une décennie, et enfin la grande chanteuse folk / rock américaine Patti Smith et l’un des chanteurs britanniques les plus doués de sa génération, Thom Yorke, leader du groupe Radiohead.

https://www.youtube.com/watch?v=JgpyF6PDrEw

Soirée inoubliable, et expression de convictions La soirée débute avec un poème lu par Patti Smith, dont les talents d’écrivain sont bien connus, accompagnée au piano par sa fille et au violoncelle par Rebecca Foon, dans un grand élan d’émotion. Son poème sur la nature égraine tout ce que celle-ci a de beau et de puissant et conclut ‘Nature is… Simplicity’. Entre ensuite en scène Tenzin Choegyal qui joue avec Jesse au piano une prière bouddhiste. Il est ensuite rejoint par Flea à la guitare basse.

Avant de passer à la performance suivante, un homme d’affaire de San Francisco vient partager son expérience. Ami de longue date de Bill McKibben, il a abandonné son activité pour se consacrer au développement des énergies renouvelables, dans cette ville de Californie sensible au sujet. Il nous invite à répéter : « I believe that we will win »… tous en chœur, « je pense que nous allons y arriver ».

Bill McKibben, quant à lui, a un message très clair à faire passer alors que tout le samedi après-midi, il a organisé à Montreuil un « procès » de la compagnie pétrolière américaine Exxon Mobil. Une enquête de journalistes américains a en effet prouvé récemment que la compagnie savait depuis 25 ans que l’exploitation et la surconsommation d’hydrocarbures mèneraient à une catastrophe environnementale, mais n’en a rien dit. « Exxon Knew! » répète Bill, qui revêt même une chemise sur laquelle est inscrit ce slogan pour l’ocassion, avant de laisser la place au concert suivant, celui de Fally Ipupa.

Le musicien congolais interprète deux titres dont l’un de rumba congolaise, accompagné d’un deuxième guitariste. Patti Smitth introduit alors Flea, qui joue entre basse et ‘looper’, ou pédale de boucle, qui enregistre et répète un accord. Il est accompagné par le violoniste et flûtiste australien Warren Ellis, qui a longtemps joué avec Nick Cave and The Bad Seeds. Ensemble ils offrent une performance électrique et transcendante.

Le message de Naomi Klein : « Tout peut encore changer » C’est alors à Naomie Klein de prendre la parole dans un des grands moments de la soirée. Particulièrement optimiste malgré une description alarmiste des inégalités mondiales, elle encourage chacun d’entre nous à devenir acteur d’une changement global, plus convaincante que jamais. Cette année 2015, Naomi Klein a également publié Tout peut changer : Capitalisme et changement climatique, un essai édité en France chez Actes Sud qui souligne que « notre modèle économique est en guerre contre la vie sur Terre », et qu’il ne faut pas tarder à y remédier. Noami annonce d’ailleurs l’organisation d’une prochaine journée d’action, le 12 décembre, à partir de 12 heures, dernière journée de négociation des délégués réunis pour la COP21 au Bourget. Cette action citoyenne aura lieu ici à Paris ; les détails seront annoncés prochainement sur le site dédié au rendez-vous : http://d12.paris/.

C’est alors au tour de Patti Smith d’occuper la scène. Quel charisme, quelle voix, quelle parolière… Patti commence son set par une chanson composée pour sa fille, Jessy, dont le deuxième prénom a été choisi par amour pour notre capitale… Elle enchaine ensuite deux de ses plus grands tubes - ‘People Have the Power’, répète-elle, ovationnée, et un titre inédit, composé avec Flea pour Lola, disparue à Paris le 13 novembre dernier. Elle reprend enfin le ‘Imagine’ de John Lennon, chaussant ses lunettes et sortant une feuille blanche pour lire les paroles, l’émotion est à son paroxysme.

La musique comme discours le plus puissant ‘Don’t forget it, use your voice’ : vous avez le pouvoir, ne l’oubliez pas », conclut Patti Smith, « utilisez votre voix ! ». Un message d’autant plus fort en ces temps où les manifestations sont interdites en France pour cause d’état d’urgence et où l’on vote ce dimanche et dans deux semaines pour un scrutin régional qui s’annonce délicat.

Après l’intervention de l’activiste indienne Vandana Shiva, c’est au tour du très attendu Thom Yorke d’entrer en scène pour clore cette soirée. Chanteur, compositeur, guitariste et pianiste, Thom Yorke est un concert à lui tout seul. Il entame son set par un nouveau morceau de son groupe Radiohead intitulé ‘Silent Spring’, interprété à la guitare folk. Les paroles sont emplies de références à la nature – ‘See the moon smiling’, ‘the reign of butterfly’, ‘broken flowers’, et à la résistance à un système destructeur : ‘the future… is not somewhere else’, ‘people have the power’, ‘we’ll take back what is ours, one day at a time’… Un texte particulièrement adapté à son combat, ce à quoi il était loin d’avoir habitué son public. Mais l’on sait désormais qu’il est un grand admirateur de Bill McKibben ; ses textes l’ont peut-être inspiré…

Thom Yorke enchaîne avec une surprise : la chanson ‘Fake Plastic Tree’, extraite du deuxième album de Radiohead, The Bends, datant de 1995, et poursuit avec le sublime titre ‘Bloom’, extrait du dernier album du groupe, The Kings of Limbs, sorti en 2011, qu’il chante en s’accompagnant au piano, avec un looper également. Il interprète ensuite une autre chanson inédite, ‘Desert Island Disk’, avant d’être rejoint par Flea pour deux titres extraits de l’album Amok d’Atoms For Peace, une ‘supergroupe’ qu’ils ont formé ensemble en 2010. On sent à l’énergie et au sourire constant du musicien d’Oxford qu’il passe un moment aussi paroxystique que l’audience, désormais entièrement debout.

Tous les musiciens reviendront ensuite sur scène, entourés des activistes, pour reprendre en chœur les paroles de Patti Smith : ‘People Have The Power !’, avant de nous donner rendez-vous le 12 décembre prochain. Ils sont les mieux placés pour savoir que ce combat pour la « justice climatique » est encore loin d’être gagné.

Liens : http://350.org/ http://d12.paris/ https://www.climategames.net/docs/d12.en.pdf http://peoplesclimate.org/

Visuels : M. Chemam

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