[Toute La Culture du clip] CAN’T STOP THE FEELING! (From DreamWorks Animation’s « Trolls »)

21 mai 2016 Par Antoine Couder | 1 commentaire

Etes-vous dans un état normal ?

De combien de temps dispose-t-on encore pour écrire le tube de l’été ? Quelques semaines tout au plus, alors inutile de perdre trop de temps. Marchons au pas de gymnastique sur les traces de Pharell et joignons l’utile à l’agréable. Le « Can’t stop the feeling » du clip de Justin Timberlake est également l’un des titres clés de la B.O de Trolls, produit par DreamWorks qui devrait sortir en salles le 4 novembre prochain. L’ex-chouchou de Disney danse ici avec quelques-uns des participants du film, assignés sans doute à leur character, et jouant du groove « forcément irrésistible » pour se fondre dans des corps qui rappellent plutôt ceux des Sims que ceux des Trolls dont on a compris qu’ils incarnent ici la doublure. « Can’t stop » est ainsi littéralement une fête de la doublure, les personnages originaux et sur le devant de la scène n’étant que des corps fabriqués et vides : des trolls colorés par des logiciels dernier cri, au fond de gentils zombies sous l’effet de produits psychotropes, des marionnettes animées par de « vraies personnes » dont la philosophie du clip révèle ici l’actualité. Se repose alors la question de savoir qui est à l’origine de l’œuvre : ces fantaisistes et virtuels front men, que l’on voit dans le film ou les concepteurs, machinistes et doubleurs qui tirent les ficelles en coulisse. Est-ce que par un hasard formidablement transgressif, la scène qui persiste à montrer Justin en train de manger tendrait à nous faire entendre que l’on s’approche ici d’une sorte de réécriture du « Banquet » de Platon ? Où n’est-ce pas plutôt une sorte de revival darwiniste à la Donald Trump où les humains chercheraient juste à reprendre le premier rôle en commençant par agiter leur mèche ? A mesure que progresse le film, on doit néanmoins clairement admettre que ce qui bouge sous nos yeux est toujours et avant tout machinique. Can’t stop it, ce mouvement humain emprunté et sportif est en effet une sorte de position réglée sur le beat, une position automatique pour parler comme le mode d’emploi d’un appareil d’enregistrement. Dans ce théâtre sociétal du supermarché ou de la station-service, le geste est ainsi devenu un jeu programmé sur les options « été » et « tube » voire même « tube de l’été » et Justin, impeccable de vertige lorsqu’il s’agit de danser dans le vide peut se permettre de mettre en scène cet ultime pied-de-nez qui consiste à nourrir un corps sans intériorité, un corps de zombie dont l’errance apriori ne fait que commencer.

Réalisé par Mark Romanek


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COMMENTAIRES:

  1. temps

    Bonjour,
    Il est toujours difficile de juger, car si depuis longtemps nous ne recherchons plus le sublime dans l’art, il reste la force de la répétition qui conditionne à apprécier bien malgré nous. Après quelques milliers d’écoutes imposées par les radios et autres lieux publiques, n’importe quel son peut être un tube car familier.
    Cordialement

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