[Live report] Grand Blanc, La Femme, Edward Sharpe & Sigur Rós à Rock en Seine

28 août 2016 Par Bastien Stisi | 0 commentaires

Après une première journée marquée par les très bons concerts de Damian Marley, de The Last Shadow Puppets et de Flavien Berger, la deuxième journée de Rock en Seine était hier marquée par l’enchaînement, divin, entre les Islandais de Sigur Rós et les Bristoliens de Massive Attack en toute fin de soirée.

Grand Blanc, La Femme : French pop au top

Mais avant l’apothéose terminale, et le règne du morose sur le Parc de Saint-Cloud (il faut bien l’avouer : on a déjà vu par le passé samedi soir plus guilleret à Rock en Seine…), voilà les Grand Blanc qui se pointent du côté de la Scène de l’Industrie, deux ans après avoir déjà joué dans le coin, mais sur la scène (tremplin) Île-de-France. Depuis, leur premier album – Mémoires Vives – est sorti chez Entreprise, et un paquet de petits tubes avec lui, de « Bosphore » à « Désert Désir », de « L’Amour Fou » à « Surprise Party », instants d’une pop parfois cold-wave, parfois indus (le déchaîné « Verticool ») toujours portés par les échanges vocaux de Benoit David et de Camille Delvecchio et que le public, diesel sur ce coup-ci, célébrera en pogotant gentiment devant la scène (ou en répétant religieusement les paroles, chacun son truc). On termine, comme c’est traditionnellement le cas chez Grand Blanc, par « Samedi la Nuit », ce petit tube qui avait permis au groupe alors installé à Metz de se placer tout en haut d’une scène que beaucoup avait dû qualifier de « French Pop », brèche ouverte en grand quelques mois plus tôt par un collectif de garçons et de filles et dont le premier album avait dû bouleverser la manière de concevoir la pop chantée en Français au sein du très autocentré paysage hexagonal.

Ce groupe, on s’en souvient très bien, c’est La Femme, qui avait provoqué il y a trois ans avec son Psycho Tropical Berlin un raz-de-marée phénoménal également confirmé via des lives pleins d’une énergie absolument rafraichissante (comme ici à Rock en Seine, il y a trois ans), et justement de retour hier sur la Scène de la Cascade afin de présenter, deux semaines après l’avoir déjà fait à La Route du Rock, leur second album – Mystère – qui arrive le 2 septembre. Sur ce disque-là, on retrouvera notamment « Sphynx », le tube hypnotique par lequel La Femme ouvre son live, et aussi « Où va le Monde » et « Septembre », les deux autres singles clipés de l’album, qui, comme « Mycose » et « Elle ne t’aime pas », indiquent le virage entrepris par le collectif de garçons et de filles dorénavant surtout préoccupé par l’élaboration de chansons nostalgiques, inquiètes mais pas trop tristes non plus, loin des bizarreries psychédéliques, morbides et parfois perverses qui régnaient majoritairement sur le premier album.

Ce premier album, La Femme l’aura joué tout de même largement hier soir, de « Si un Jour » à « Nous Étions Deux », de « Packshot » à « It’s Time to Wake Up (2023) », et en terminant bien entendu avec les deux bombes « Sur la Planche » (personne ne surfe sur le public cette fois) et « Antitaxi ». Grosse ambiance (un poil en-dessous de ce que l’on avait vu à La Route du Rock, mais il faut avouer que l’on était ce soir là très très haut), des slames dans le public, des paroles que l’on répète parce que ces morceaux-là sont quand même devenus sacrément cultes, et des sourires qui se prolongent dans la foulée sur la Grande Scène avec le live d’Edward Sharpe & The Magnetic Zeros, et dont le leader, hippie kerouacien qui dit le voyage et la liberté de l’âme par le biais d’une pop-folk absolument contagieuse, s’avérera fidèle à sa réputation de pile électronique qui multiplie les allers retours (entre la foule et la scène), y laisse une énergie folle, et donne absolument tout. On termine par « Home », ce single immense qui se sifflote et qui se fredonne jusqu’à n’en plus finir.

Sigur Rós : la beauté parfaite

Et puis, on range les sourires pour aujourd’hui. Ou du moins, ceux que l’on voit à l’extérieur, afin de se concentrer sur ceux, plus complexes, que l’on forme depuis l’intérieur. Car voilà sur la Scène de la Cascade le live de Sigur Rós qui débute, et qui ne nous lâchera pas un seul instant durant l’heure et quart que durera le concert de Jónsi et de ses compagnons de scène. Car aussi incroyable que cela puisse paraître, les Islandais, qui édifient depuis 20 ans le rock (post / ambient / progressif, peu importe) le plus délicat et le plus lyrique du monde, parviendront à transcrire les 10 000 nuances qui gouvernent leur immense discographie sur une scène comptant plus de 30 000 personnes pour autant de paires d’oreilles, pour la plupart (pour les plus sensibles du moins) hypnotisées par la beauté viscérale qui se dégage du tout. Malgré une chaleur encore caniculaire, pour la première fois de ces deux jours de festival, un vent frais parcours le corps des festivaliers. C’est le frisson qui fait hérisser les poils, devant tant de beauté.

Un habillage scénique somptueux, un chant qui ne commet pas d’impaires, et des morceaux qui, et même en ce qui concerne ceux qui gouvernent le dernier album, Kveikur, bien plus « musclé » (garons les guillemets) du groupe, s’enchaîneront à merveille, avec un point-culminant, bien sûr, lors de l’interprétation de l’immense « Untitled #3 ». Un live à placer, de manière évidente, au sommet de cette édition 2016 de Rock en Seine, aux côtés aussi, de celui, au moins aussi impressionnant, de Massive Attack (avec Tricky !) auquel on assiste dans la foulée et que Melissa Chemam, notre journaliste qui prépare justement un livre sur le sujet (à paraître chez Anne Carrière en octobre), nous raconte de manière plus fournie encore, juste ici.

Cette édition 2016 de Rock en Seine se termine aujourd’hui, via les lives d’Iggy Pop, de Foals et de Peaches. Toute la programmation est par .

Visuels : (c) Robert Gil


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