[Live-Report] Festival Paris Mezzo : Avi Avital à Gaveau avec l’Academy of Ancient Music et Camille Poul

21 juin 2016 Par Elie Petit | 0 commentaires

Le mandoliniste israélien Avi Avital n’en finit plus d’illuminer les salles parisiennes, répertoire après répertoire, de collaboration en collaboration. A Gaveau, Vivaldi était à l’honneur en compagnie de Camille Poul au chant et de l’Academy of Ancient Music. Récit.

Crédit Photo : Eszter Tarjàn

Gaveau, un des cinq lieux choisis par le Festival Mezzo Paris pour y tenir séance est impatiente. Avi Avital est de retour après des passages toujours acclamés dont un concert au Louvre qui y célébrait, pour un soir, la mandoline. Ce soir, le musicien israélien met Vivaldi à l’honneur avec l’Academy of Ancient Music.

La programmation du festival, vitrine parisienne de la chaîne télévisée Mezzo, a, pour sa deuxième édition, fait la part belle à la jeunesse. Et dans des lieux parfois inattendus comme les Folies Bergères ou la Sainte-Chapelle.

L’Academy of Ancient Music finit d’achever un mouvement introductif quand Avi Avital surgit sur la scène, grimpant les marches. Il est très applaudi par l’orchestre et les deux étages supérieurs. Il accorde sa mandoline et ses doubles cordes. Aussitôt, les notes se détachent, les accords succèdent aux mélodies et Vivaldi apparaît pour son Concerto pour Mandoline en do majeur (RV 425). Avital est expressif, complice. Cela semble parfois même facile. Il reste à la fois sérieux et décontracté. On suit ses sursauts, ses mimiques.

On découvre Paisiello, pour lequel il s’applique et montre sa dextérité extrême. Parfois accompagné d’un violon seul, il montre percevoir à la perfection ce que le mouvement Allegro Maestuoso est censé exprimer. Certains moments, dramatiques, sont presque à pleurer. D’ailleurs c’est ce dont il fait mine. Pour ensuite réveiller l’ensemble sur un Larghetto Grazioso très réussi.Sa mandoline mime parfois l’orchestre à cordes. A chaque fin de morceau, il se lève, remercie, tape le manche de sa mandoline contre son coeur. Puis revient.

Retour d’entracte. L’Academy of Ancient Music fait jouer sa flutiste à bec. C’est par moment magique, véritablement enchanteur. Le public reste sage et attentif. Le largo du concerto pour flûte à bec en do mineur de Vivaldi est émouvant. Et son Allegro est un exercice difficile.

S’en suit le double concerto pour mandoline et flûte à bec en sol majeur (RV 532), comme une poursuite entre les deux instruments et un beau jeu de réponses-réponses. On remarque la complicité des musiciens, qui pourtant, n’ont répété ensemble que deux jours, à Londres, il y a quelques mois. Avital et le repertoire qu’il emprunte sortent de l’ordinaire et trouvent depuis quelques années déjà un écho grandissant sur la scène classique mondiale, qu’il bouscule respectueusement.

La chanteuse Camille Poul, attendue, entre ensuite en scène pour une pièce rare, un Anonyme nommé « La Biondina in gondoleta » qui offrira de beaux frissons à la salle. Un duo mandoline-voix unique. La clavecin frétillant intervient de temps en temps entre les saillies la chanteuse et les moments où la mandoline fait jouer l’imaginaire romantique qui se dégage de son histoire italienne.

Enfin, l’été, que tout Paris attend. Les 4 saisons prennent vie. Avi Avital ouvre le bouton de sa veste. Le début rend dingue. On imagine très bien les pluies, les champs, la chaleur, les lumières, les rayons, la nature qui s’exprime. Qui pousse violemment et reprend son souffle. Tout n’y est pas simple dans ce mouvement de la bande originale d’une année. Cette nature est violence, traversée de mouvements durs et de repos forcés.

Comme à son habitude, il concluera cette soirée de musique par un nouveau concerto et par son fameux Bucimis, un traditionnel bulgare qui impressione et déclenche l’admiration définitive du public.

Avi Avital continue son tour du monde en direction de Lima au Pérou et Santiago au Chili ces jours-ci. Le Festival Paris Mezzo clôture son édition 2016 à la Sainte-Chapelle par un concert du Choeur Tenebrae et Nigel Short, le 24 juin.


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