Abécédaire musical : R et S

17 juillet 2008 Par admin | 0 commentaires

Aujourd’hui, R comme Riot Grrrl, et S comme Sludge et Shoegaze.

R comme Riot Grrrl

Bercées au féminisme hardcore de Valerie Solanas et aux saillies de leurs aînées, Slits et Raincoats en tête, les riot grrrls prennent le pouvoir dans l’Etat de Washington, patrie du grunge, au début des années 90. Dans un contexte de do-it-yourself, des équarrisseuses burnées comme Bikini Kill ou Bratmobile se structurent autour de la ville d’Olympia et du label Kill Rock Stars, bien épaulées par des personnalités masculines comme Calvin Johnson et son label K Records. Sur scène, elles allient tenues de suffragettes, sous-vêtements et port de la moustache pour beugler le « girl power ». Aujourd’hui, un groupe comme Gossip, emmené par la fantasque Beth Ditto, se revendique toujours d’obédience riot grrrl.

Albums essentiels :

Compilation Kill Rock Stars (1991)
Bikini Kill – Pussy Whipped (1992)
Huggy Bear – Taking The Rough With The Smooch (1993)

Bikini Kill – Rebel Girl

S comme Sludge

Dans l’idée, le musicien sludge est une sorte de redneck pouilleux, marginal et fauché au cerveau ralenti par la drogue et l’alcool. Et pour cause, ce style, né en Louisiane, est aux confins du stoner, du doom et du hardcore, soit trois genres caractérisés par leur côté jusqu’au-boutiste. Il fait notamment la part belle aux riffs bluesy ralentis à l’extrême, à la distorsion grave et grasse – sludge signifie littéralement vase – et aux larsens négligés. Fort d’une scène underground particulièrement fertile, le sludge a été mis à toutes les sauces et recouvre désormais de nombreux visages. Certains y voient le rock psychédélique d’Electric Wizard, d’autres le sludge-grind de Soilent Green etc. Les choses sont rendues d’autant plus compliquées que le turn-over des musiciens y est fréquent.

Albums essentiels :

Eyehategod – Take As Needed For Pain (1993)
Acid Bath – When The Kite String Pops (1994)
Electric Wizard – Dopethrone (2000)

Electric Wizard – Dopethrone

S comme Shoegaze

Dans le sillage de la pop noisy de Jesus & Mary Chain et des déflagrations sonores des Spacemen 3, le shoegaze pointe timidement le bout de son nez à la fin des années 80, dans la grisaille britannique. Inventé par le magazine Sounds, le terme (littéralement « regarder ses chaussures ») traduit l’attitude des groupes en concert, les yeux rivés sur leurs pédales d’effets. En 90 et 91, alors que la scène est à son paroxysme, deux petits groupes nommés Blur et Oasis émergent dans le paysage musical. Stigmatisée parce qu’elle regarde autant ses pieds que son nombril, la scène shoegaze est alors submergée par la déferlante britpop, ses luttes intestines et ses working-class heroes. En 2008, alors que les frères Gallagher se querellent encore, My Bloody Valentine orchestre son grand retour, à 130 décibels…les yeux rivés sur les pédales d’effet.

Albums essentiels :

Ride – Nowhere (1990)
My Bloody Valentine – Loveless (1991)
Slowdive – Souvlaki (1993)

My Bloody Valentine – Only Shallow

Olivier Tesquet & Yves Bouillon


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