Les périgrinations d’une ancienne étudiante islandaise à Paris

1 mars 2011 Par
Yaël Hirsch
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Auteure de « Voleur de vie » adapté à l’écran par Yves Angelo avec Emmanuelle Béart et Sandrine Bonnaire, Steinunn Sigurdardóttir publie le 10 mars « Cents portes aux quatre vents » aux Éditions Héloïse d’Ormesson. Une ballade nostalgique dans Paris avec une mère de famille islandaise belle et pleine de vie qui se rappelle sa vie dans cette ville qu’elle adore, alors qu’elle était étudiante. Tendre et juste.

Vingt ans après, Brynhildur revient passer quelques jours à Paris où elle était venue faire des études. Logeant chez une amie à Montmartre, la mère de famille parfaite a enfin un peu de temps pour elle et pour se retourner sur son passé -sauf aux multiples moments où ses deux filles et son mari l’appellent sur son portable. Cherchant un paravent pour sa fille, elle tombe sur un homme mystérieux qui ne fait qu’interrompre le fil de ses souvenirs. Paris est la ville de son premier amour, son prof de Grec qu’elle a adoré de manière désespérée et avec qui elle a passé un nuit qui l’a jamais laissée en dehors d’elle même. Même pour son mari aimant et solide, Bardur, venu la secourir à l’issue de cette unique tête à tête tragique, elle n’a jamais pu être présente.

De la première phrase du roman : « Je déjeunais dans un restaurant indien de la place Toudouze lorsque je découvris ce qui me manquait. Un amant. » à la fin mélancolique de ce petit livre, Steinunn Sigurdardóttir distille une nostalgie tonique. Ne laissant jamais les souvenirs tomber dans la mièvrerie, elle livre le portrait d’une femme faite autour d’une faille et revient délicatement mais sans gants de soie sur l’évènement fondateur de la vie de cette femme à la fois pleine de vie et pleine de manque. Emprunt d’une poésie réaliste, « Cents portes battant aux quatre vents » est un très beau roman psychologique.

L’auteure sera au salon du Livre de Paris du 14 au 22 mars.

Steinunn Sigurdardóttir, « Cents portes battant aux quatre vents », trad. Catherine Eyjólfsson, Eho, 128 p., 15 euros. Sortie le 10 mars 2011.

Portrait de Steinunn Sigurdardóttir © Bruno Garcin-Gasser.