American Spleen d’Olivier Guez : de la déception en Amérique

14 février 2012 Par
Yaël
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A l’été 2011, l’auteur de « L’impossible retour » (Flammarion, 2007) et co-auteur de « La chute du mur » (Fayard, 2009) est parti vers le nouveau monde. Dans une Ford Mustang décapotable, il est allé à la rencontre des populations de l’Amérique profonde, de l’Arizona à l’Illinois, en passant un peu par New-York et Washington pour interviewer quelques politiciens et intellectuels. American spleen est un journal de voyage éclairant, à la veille des prochaines présidentielles américaines.

Au volant de sa voiture mythique, Olivier Guez commence par poser ses grandes questions: Pourquoi l’Amérique pauvre s’est-elle mise à voter républicain? En quoi Obama a-t-il déçu certaines classes sociales qui ont pourtant voté pour lui en 2008 ? Qui organise le Tea Party? Quelle est la force de ce mouvement? Quelle place y jouent les femmes? Puis l’auteur se lance à l’assaut d’un Etat-Continent avec ses armes de journaliste : l’interview et le reportage. Il commence par interviewer certains membres de la droite conservatrice proche du Tea party, puis quelques intellectuels qui peuvent expliquer la condition économique, sociale et politique, du pays (dont Francis Fukuyama). Enfin, notre guide s’élance à partir de l’Arizona à la conquête du pays.  Olivier Guez se prête  volontiers au jeu du local, quand il apprend à utiliser un revolver ou quand il apporte de l’eau à des réfugiés mexicains. Dans cette deuxième moitié du livre qui se découpe état par état, le journaliste nous livre son ressenti : le frisson devant le poids social que fait peser une religion d’obéissance chez les Mormons de Salt Lake City, le charme du néo-hippisme relevé de Thoreau et de libertarianisme dans le Montana, la tristesse de laisser sa voiture dans cette cité-symbole de l’Amérique qu’est la discrète et monumentale Chicago.

Parti pour interroger le mouvement du Tea Party, l’enquêteur se retrouve donc à dépeindre les mille visages et les cinq cents  idéologies qu’il croise sur son long périple de plusieurs mois. Pour arriver à une conclusion touchante mais assez attendue sur l’importance des années 1970, dont l’individualisme exacerbé aurait donné naissance aux Etats-Unis de 2012 : riches et endettés, multiples et emplis de mécontents. Paradoxalement, malgré le « déclin » annoncé, au vu de ce road-trip, le pays apparaît uni au moins moralement par un socle solide : le libéralisme. C’est ce dernier qui permet à certains de demander plus de justice sociale et à d’autres de réclamer un ultra-conservatisme des meurs et un minimum d’interférence de l’Etat.  American Spleen est un beau voyage qu’Olivier Guez sait, à travers quelques adjectifs, rendre très vivant.

Olivier Guez, American Spleen, au coeur du déclin américain, Flammarion, 270 p., 22 euros. Sortie le 1ier février 2012.

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