[Critique] « Pattaya » Tonitruante comédie Kaira de Franck Gastambide

27 février 2016 Par Gilles Herail | 1 commentaire

Le deuxième film de Franck Gastambide après Les Kaira délocalise le genre de la comédie de Banlieue dans un périple thaïlandais survitaminé. Dopé aux vannes, aux références contemporaines et à la vulgarité, Pattaya réserve de grands moments tout en peinant à maintenir le rythme. Notre critique.

Note de la rédaction :

Extrait du synopsis officiel : Franky et Krimo rêvent de quitter la grisaille de leur quartier pour partir en voyage dans la célèbre et sulfureuse station balnéaire thaïlandaise de PATTAYA. Pour pouvoir s’y rendre à moindre coût, les deux amis ont la folle idée d’inscrire à son insu le nain de leur quartier au championnat du monde de Boxe Thaï des Nains. 

Les Kaira avait connu un succès surprise au box-office français il y a 4 ans, soutenu par une presse positive et un buzz considérable auprès du public adolescent. Le retour de Franck Gastambide à la réalisation était très attendu et Pattaya a réalisé un démarrage énorme mercredi dernier avec près de 200.000 entrées premier jour (quasiment autant que The Revenant). Les Kaira avait su amener de la modernité dans l’univers parfois répétitif de la comédie de banlieue, jouant à la fois sur la tendresse et le comique en dessous de la ceinture. Cette fausse suite retrouve le même esprit malgré le renouvellement d’une partie de la troupe (Malik Bentalha et Anouar Toubali remplacent Medi Sadoun et Jib Pocthier). La première demie-heure est hilarante, confrontant deux losers à leur vie misérable faite d’échec et de couardise. Deux fausses grandes gueules qui filent doux face à leurs parents, leurs copines (Sabrina Ouazani est géniale) … et tout le reste. La satire de la culture urbaine et du trio snapshat/youtube/TNT est extrêmement bien vue, rappelant d’autres réussites comme le Fast Life de Thomas N’Gijol.

Le reste du film est un peu plus inégal, alternant le brillant et le beaucoup moins bon. Il y avait pourtant de la matière grâce au recyclage malin d’un vrai phénomène de société (parfaitement analysé par Florence Aubenas dans un article du Monde). Un rêve thaïlandais pour des banlieusards qui galèrent en France et refond leur vie dans un pays où tout leur semble possible. La veine sociologique est malheureusement vite laissée de côté pour revenir à une ambition de very-bad-trip à la française. Les participations de Gad Elmaleh en gourou du pauvre et de Ramzy en roi de la nuit Pattayenne sont souvent poilantes. La mise-en-scène file à 100 à l’heure, ne rechignant jamais devant les effets trash et le mauvais goût.  Et on se marre en moyenne une fois sur deux, la faute à des baisses de rythme très importantes et un délire sur les nains qui tourne parfois en rond. Pattaya n’est pas la grande poilade annoncée mais reste bien au dessus de la production comique française traditionnelle. Franck Gastambide investit un créneau intéressant, qui lui permet de sortir la comédie de banlieue de son carcan, sans se cantonner à un humour uniquement communautaire. L’image est un peu crade, les gags, tonitruants mais cette énergie excessive et débordante réserve de grands moments.

Gilles Hérail

Pattaya, une comédie française de et avec Franck Gastambide, durée 1h37, sortie le 24/02/2016

Visuels : ©  affiche et bande-annonce officielles du film

Sabrina Ouazani


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COMMENTAIRES:

  1. Matthias Turcaud

    J’ai trouvé ça très lourd et très vulgaire, bien moins réussi que l’hilarant « Les Kaïra ». Sinon, tu veux parler de Sabrina Ouazani et non d’Alice Belaïdi ?

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