[Cannes 2016, Quinzaine] « Poesia sin fin » Alejandro Jodorowsky, le papillon ardent de la Quinzaine

14 mai 2016 Par Olivia Leboyer | 1 commentaire

Trois ans après La danza de la realidad, Alejandro Jodorowsky reprend le fil de ses souvenirs-fantasmes à l’embarcadère où nous l’avions laissé. « Une vierge nue viendra illuminer son chemin avec un papillon ardent », et Alejandro deviendra pleinement Poète.

Note de la rédaction :
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Alejandro Jodorowsky, c’est le grand nom de cette Quinzaine 2016. Et, précisément, Poesia sin fin retrace, très librement, l’itinéraire qui a conduit le tout jeune homme, fils de petit boutiquier obtus, à la Poésie. Se faire un nom, pas pour l’argent ou la gloire, mais pour vivre avec intensité sa passion. Car la Poésie, c’est la célébration de la vie, triste et joyeuse, folle et insensée. Jodorowsky croit dans le pouvoir guérisseur d’un « autre cinéma », personnel, libre et sans limites.

A plusieurs reprises, dans le film, des personnages désespérés songent sérieusement à la mort. Une naine délaissée par son amant et « seigneur », en particulier, désire la mort. Alejandro lui montre, très concrètement, qu’on ne peut pas vouloir mourir. La vie est belle, malgré tout. L’air que l’on respire suffit à nous enivrer. Si la vie n’a aucun sens, on peut toujours foncer en ligne droite à travers la triste réalité, pour écrire autre chose. Liberté et folie se conjuguent pour contrer le temps qui passe, la mort qui rôde, la politique et son cortège d’horreurs. Les poètes et les clowns sont là pour sauver ce qu’ils peuvent, dans un acte poétique salutaire. Nu, offert aux regards de tous, le Poète a quelque chose d’une figure christique, sublime et innocente.

Alejandro Jodorowsky fait revivre sa jeunesse avec des images fortes des couleurs vives qui manquaient au cinéma noir et blanc de son époque (femme rouge ou chaussures vertes). Peu à peu, les désirs pantagruéliques cèdent à un détachement, et le vieux jeune homme peut devenir un vrai papillon, être de pure lumière.

Poesia sin fin, d’Alejandro Jodorowsky, Mexique, 2h08, avec Adab Jodorowsky, Pamela Flores, Brontis Jodorowsky. La Quinzaine des Réalisateurs 2016, en compétition.

visuels: affiche officielle du film, photo ©Pascale Montando.


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