Rachel Daireaux et Antoine Néron-Bancel à la galerie Claire Corcia

26 janvier 2016 Par Christophe Dard | 0 commentaires

Derniers jours pour découvrir à la galerie Claire Corcia, à Paris, le travail de Rachel Daireaux et Antoine Néron-Bancel, deux artistes dont les grandes œuvres très abouties sont à la fois puissantes et poétiques. A admirer sans modération !

 

« La traversée des mariés du coeur », 2015 Huile sur toile, 115 x 146 cm

« La traversée des mariés du coeur », 2015
Huile sur toile, 115 x 146 cm

 

C’est la marque de fabrique de Claire Corcia : exposer les artistes français et étrangers dont le talent se fraye un chemin bien dégagé pour l’avenir. Fidèle à cette réputation, sa galerie présente jusqu’au 30 janvier les créations de Rachel Daireaux et Antoine Néron-Bancel dont le point commun est de proposer une grille de lecture personnelle de notre monde, entre un idéal d’espoir et la peur du précipice.

 

Rachel Daireaux

Rachel Daireaux est une touche-à-tout. Elle dessine, elle peint et elle confectionne des sculptures insolites à partir de chutes de tissus.
Dans ses dessins et ses toiles, l’artiste nous invite à tenir la barre d’un navire sur lequel embarque une multitude de personnages pris dans un tourbillon. Ces corps dénudés, le plus souvent féminins, aux visages pathétiques, drôles et inquiétants, semblent être les interprètes d’un Jugement dernier qui élève les bons au paradis et jette les autres en enfer.

 

« L’arbre de vie», 2013/14 Tissus, 165 x 144 x 123 cm

« L’arbre de vie», 2013/14
Tissus, 165 x 144 x 123 cm

 

D’ailleurs, ce Jugement dernier n’est-il pas celui de notre civilisation ? Dans ses sculptures élaborées avec des chutes de tissus, Rachel Daireaux semble suspendre notre propre décadence, celle de la productivité à outrance et du gaspillage. En nouant un matériau déjà transformé à qui elle donne une seconde vie, Rachel Daireaux renoue avec la nécessité de réfléchir à notre place dans la société de consommation dont le doigt inquisiteur juge bon de garder le plus parfait et d’abandonner le reste.

 

Antoine Néron-Bancel

Lui aussi ne se refuse à aucun support. Dans ses œuvres en noir et blanc, dans ses toiles vibrantes de couleurs ou dans ses films d’animation, Antoine Néron-Bancel conçoit des mondes et des époques éclatées, morceaux disloqués d’un puzzle à la fois chaotique et optimiste.

 

« Paradigme » Encre de Chine, acrylique et feutre sur toile, 160 x 130 cm

« Paradigme »
Encre de Chine, acrylique et feutre sur toile, 160 x 130 cm

 

Dès lors, comme chez Marc Chagall ou Jerôme Bosch, une frénésie d’éléments se déverse sous nos yeux : une lune malheureuse, un oiseau cloué au ciel où passent aussi des avions et des cerfs-volants, des escaliers dépourvus de quelques marches, des chaises volantes, des coqs, des éléphants, des chevaux, des canettes de soda, une chaussure à talon aiguille, des immeubles semblables aux bâtiments tombés dans l’escarcelle de la guerre… Certains sont des symboles de notre quotidien mais ces objets ont déjà leur ticket pour l’Histoire, aux côtés de statues, de ruines antiques et de maisons médiévales.

 

«Cartographie» Encre de Chine sur toile, 80 x 110 cm

«Cartographie»
Encre de Chine sur toile, 80 x 110 cm

 

Dans les Cartographies et les toiles d’Antoine Néron-Bancel, les peuplades d’êtres et de formes sont en quête d’une identité commune, celle d’un monde plus structuré, loin de ses perpétuelles divisions.

Christophe Dard.

 

INFORMATIONS PRATIQUES :
Rachel Daireaux et Antoine Néron-Bancel
Jusqu’au 30 janvier 2016
Galerie Claire Corcia
323 rue Saint Martin 75003 Paris
Ouverte du lundi au vendredi de 11h30 à 19h et le samedi de 14h à 19h
Téléphone : 09 52 06 65 88
contact@galeriecorcia.com
www.galeriecorcia.com


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