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Sergio Moscona à la galerie Claire Corcia à Paris : une psychanalyse colorée de nos âmes

Sergio Moscona à la galerie Claire Corcia à Paris : une psychanalyse colorée de nos âmes

14 décembre 2015 | PAR Christophe Dard

Pour quelques jours encore, jusqu’au 19 décembre 2015, la nouvelle exposition de Sergio Moscona, “Chemins d’encre”, dévoile les peintures et les dessins inédits de l’artiste argentin, présenté précédemment aux Etats-Unis, en Amérique centrale et latine mais aussi en Europe.

 

Fleurs brisées
Fleurs brisées

 

Ce n’est pas sa première exposition à la galerie Claire Corcia à Paris. Sergio Moscona, 36 ans, est un habitué des lieux et pour cette fin d’année 2015, l’artiste argentin, qui vit et travaille à Buenos Aires, propose « Chemins d’encre ».
Dans ses peintures, ses dessins à l’encre de Chine, au crayon et à l’acrylique, Moscona s’intéresse aux humains et aux visages. Dés le premier coup d’œil, la trivialité des traits, à la fois lisses et nerveux, nous font songer à l’innocence des dessins d’enfants mais surtout ils rappellent Picasso. L’ampoule de Fleurs brisées ressemble à la lampe de Guernica, la tauromachie est très présente, le style empâté de certaines compositions éveillent le souvenir des oeuvres de la fin de la vie de Picasso alors que les textes découpés nous ramènent aux origines du cubisme et de ses collages.

 

Autres Arènes
Autres Arènes

 

La galerie de visages de Moscona déploit l’éventail des émotions. Certains sont analogues à des masques comiques et pathétiques à l’instar des personnages de la Commedia dell’arte ou des figures de James Ensor. D’autres visages sont plus graves comme enfuis d’un tableau d’Otto Dix ou même difformes et inhumains telles des créatures mythologiques et monstrueuses.

 

Hors de question
Hors de question

 

Ces visages tragiques sont sans doute liés aux réminiscences de l’enfance de Moscona et de la dictature argentine. Même s’il n’a pas été directement touché par les horreurs de ce régime, il a forcément vu ces êtres perdus et transpirant de peur.
Dés lors, on comprend sans doute mieux ces scènes chères à Moscona où l’homme est toujours en groupe et en foule. Sous leurs airs de processions carnavalesques, ces personnages sont dans la communion et ne constituent qu’une seule et même entité, capable de conjurer les craintes et d’être plus forte face à l’inquiétude et au danger.

En résumé, les oeuvres de Moscona sont comme des boomerangs. On les regarde de loin, non sans une certaine condescendance, tant ces visages nous paraissent étranges et différents du reflet quotidien de notre miroir. Mais en réalité nous recevons ces œuvres en pleine face car les visages représentés, dotés d’une incroyable force, ne sont que les révélateurs de nos expressions et de nos émotions, celles que l’on porte et celles que l’on essaye de cacher alors qu’elles sommeillent en chacun de nous jusqu’au jour où elles s’expriment, parfois brutales et incontrôlables.

Christophe Dard

 

INFORMATIONS PRATIQUES:
Sergio Moscona, Chemins d’encre
Galerie Claire Corcia
Du lundi au vendredi de 11h30 à 19h et le samedi de 14h à 19h
323, rue Saint-Martin 75003 Paris
09 52 06 65 88
www.galeriecorcia.com

A NOTER:
Une exposition de Sergio Moscona, Fleurs brisées, regroupant des peintures et des dessins, est en cours au musée Mandet à Riom dans le Puy-de-Dôme jusqu’au 20 mars 2016.

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Christophe Dard
Diplômé d'un Master d'histoire contemporaine et d'une école de radio, Christophe est journaliste, passé notamment par Europe 1. Il travaille depuis 2013 pour Toute la Culture. Compte Instagram : https://www.instagram.com/christophe_dard/?hl=fr

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