Une renaissance pour le « Saint Jean-Baptiste » de Léonard de Vinci conservé au musée du Louvre !

29 novembre 2016 Par Magali Sautreuil | 0 commentaires

Après la « Sainte-Anne » (2012) et « La belle ferronnière » (2015), c’est au tour du « Saint Jean-Baptiste » de Léonard de Vinci d’être restauré, soit trois œuvres du maître italien à être rafraîchies en à peine cinq ans. Après un peu plus de 9 mois de travail, le tableau est revenu depuis le 9 novembre parmi les collections de peinture italienne du musée du Louvre, exposées dans la Grande galerie, au premier étage de l’aile Denon. Mais qu’à donc apporter cette restauration à la connaissance de l’œuvre ?

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Le « Saint Jean-Baptiste » avant restauration à gauche et après à droite

La restauration a été menée par le centre de recherche des musées de France (C2RMF).

Elle s’avérait plus que nécessaire car le tableau de Léonard avait viré à l’orangé et était en partie plongé dans la pénombre à cause de l’oxydation et du noircissement des nombreuses couches de vernis. Ceci n’est guère surprenant car la dernière restauration documentée remontait à 1802. Encrassé de 17 couches de vernis, il devenait urgent de désengluer le tableau pour en améliorer la lisibilité. Seuls le visage et le geste du saint étaient encore visibles.

Bien que la restauration n’ait pas pu entièrement remédier à l’altération des glacis, le risque de porter atteinte à la couche picturale étant trop important, le tableau a néanmoins gagné en lisibilité et nous a livré quelques secrets.

L’amincissement progressif des vernis, qui avaient dans un premier temps redonné de la brillance et de la profondeur à l’œuvre avant de s’altérer, est un travail non seulement de longue haleine, mais aussi extrêmement délicat et complexe.

Pour réaliser son « Saint Jean-Baptiste », Léonard a utilisé une palette chromatique très réduite, plutôt sombre, où dominent le noir de charbon et le rouge vermillon. Malgré cela, il a réussi, avec une grande économie de moyen à rendre le velouté des chairs et la délicatesse de la physionomie du saint.

Malgré la restauration, l’œuvre conserve un aspect monochrome. À l’origine, sa carnation était similaire à celle de « La belle ferronnière » et sa chevelure d’un blond vénitien. Mais l’altération définitive des huiles et des résines, qui composent les fines couches de glacis, lui confère une tonalité ocre, qui n’est cependant pas déplaisante.

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« La belle ferronnière » de Léonard de Vinci conservée au musée du Louvre

Le travail du C2RMF a néanmoins permis de retrouver la sensibilité des ombres sur le visage du saint et la lourdeur de sa chevelure bouclée. La croix qu’il désigne du doigt est de nouveau visible et la dépouille d’animal dont il est vêtu a pu être identifié : il s’agit d’un lynx et non pas d’une panthère comme on le pensait.

L’analyse du tableau a également révélé d’anciens repeints, notamment au niveau de l’arrière-plan, ainsi que du bras et du torse du saint. Une utilisation importante de poudre de verre a aussi pu être décelée. Celle-ci sert à accélérer le temps de séchage d’une peinture.

La restauration du « Saint Jean-Baptiste » du Louvre, considéré par Sébastien Allard, le directeur du département des peintures du musée, comme « le tableau où Léonard de Vinci est allé le plus loin dans le velouté des chaires et le sfumato », est donc une réussite.

Saint Jean-Baptiste, crédit photo : C2RMF / Thomas Clot, musée du Louvre
La belle ferronnière, crédit photo : Angèle Dequier / RMN – Musée du Louvre


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