« Sorolla, un peintre espagnol à Paris » au musée des impressionnismes de Giverny jusqu’au 6 novembre 2016 !

13 septembre 2016 Par Magali Sautreuil | 0 commentaires

Fruit de la collaboration du musée des impressionnismes de Giverny, de la Kunsthalle der Hypo-Kulturstiftung de Munich et du musée Sorolla de Madrid, l’exposition consacrée au peintre espagnol Joaquín Sorolla y Bastida retrace le parcours de ce dernier, de son premier voyage à Paris en 1885 jusqu’à sa consécration. Elle nous invite également à la découverte de son style si novateur pour l’époque, ainsi que des thèmes qui lui sont chers.

Né à Valence en 1863 et mort à Madrid en 1923, Sorolla est un des peintres majeurs de l’impressionnisme espagnol. Il est donc tout à fait normal de l’y trouver au musée des impressionnismes de Giverny, lieu-clé dans l’histoire de l’impressionnisme. L’exposition consacrée à ce peintre a également été organisée dans le cadre du festival Normandie Impressionniste, dont le thème de cette année était le portrait, l’idée étant de placer l’humain au cœur de cette manifestation. Illustrations de la société de son époque, ses contemporains et de ses proches, les œuvres de Sorolla se prêtent à merveille au thème choisi. Très tôt attiré par la peinture de plein air, cet artiste, qui maîtrise à la perfection les effets de lumière, a su placer l’humain au cœur de ses œuvres.

L’exposition présente une centaine d’œuvres de ce peintre, regroupées en six séquences.

La première s’intitule « Sorolla au Salon ». De 1893 à 1909, Sorolla participe régulièrement au Salon de la Société des artistes français à Paris, ce qui, pour un artiste étranger, est « une preuve tangible de sa reconnaissance et de sa consécration ». C’est en effet à Paris que Sorolla forme et forge son style avant d’aborder une carrière internationale. Sont exposées ici quelques tableaux de dénonciation et de réflexion sociale comme « La traite des blanches » (huile sur toile, 1894, Madrid, musée Sorolla), où quatre jeunes prostituées se sont assoupies dans un wagon sous la surveillance de leur maquerelle. Homme du peuple, Sorolla affectionnait particulièrement les sujets sociaux, les scènes de la vie quotidienne et de labeur. De par les thèmes abordés, cette partie est une des plus réussies de cette exposition.

Bien qu’étant un artiste cosmopolite, Sorolla est avant tout un homme qui a su rester fidèle à ses origines espagnoles. D’ailleurs, ses paysages ont pour la plupart été peints en Méditerranée et en Espagne.

La séquence suivante, intitulée « Les bords de mer », en est un bon exemple. Sorolla a ici peint de splendides paysages méditerranéens, baignant dans la clarté éblouissante de la lumière ou dans un couchée de soleil, ainsi que des scènes de pêche et de baignade. Là-encore, la lumière joue un rôle crucial dans la composition. L’artiste joue en effet sur les reflets et la diffraction de la lumière dans l’eau.

La visite se poursuit avec un court aperçu de l’intimité du peintre dans une salle dédiée au « portrait intimiste ». Sorolla est un homme pour qui la famille compte énormément. Dans cette pièce, l’artiste nous invite à la rencontre de sa femme, Clotilde, ainsi que ses trois enfants. Un tableau a particulièrement retenu notre intention : il s’agit de la « Mère » (huile sur toile, 1895-1900, Madrid, musée Sorolla). Cette œuvre des plus touchantes célèbre la naissance de sa fille Elena. Des couvertures blanches du lit, seules les frimousses de la mère et de la fille transparaissent.

Sorolla n’a pas seulement peint des portraits de sa famille, mais aussi de ses proches et amis. Dans la séquence suivante « Enfant de Vélasquez », on sent poindre l’influence du peintre du XVIIème siècle espagnol Diego Vélasquez, dont Sorolla a réalisé quelques copies de ses œuvres.

La salle suivante consacrée aux « paysages de Biarritz et de la Granja » démontre l’intérêt de Sorolla pour la nature. Les tableaux exposés dans cette partie témoignent de l’importance croissante du blanc dans sa peinture. « Instantané. Biarritz » (huile sur toile, 1906, Madrid, musée Sorolla) est, selon nous, un condensé des passions de Sorolla. Une femme, tout de blanc vêtue, assise sur la plage, tient un appareil photo, clin d’œil à la manière de peindre de l’artiste qui croquait des scènes sur le vif.

Derrière ce tableau, la visite se poursuit avec la « galerie de dessins et d’études peintes ». Plutôt petite et étroite, celle-ci comprend néanmoins plus de la moitié des œuvres présentées pour cette exposition !

Si vous avez envie de découvrir ce peintre de la lumière qu’est Sorolla, un peintre sensible et délicat, qui s’illustra dans des paysages lumineux, des marines, des portraits, mais aussi dans des tableaux de dénonciation et de réflexion sociales, alors rendez-vous à Giverny. Passez-y une agréable après-midi et prenez le temps de découvrir cette exposition, qui court jusqu’au 6 novembre 2016. Par contre, nous ne serions trop vous conseiller de prendre un audioguide ou de suivre un conférencier pour profiter pleinement de votre visite.

Informations techniques :

Titre : « Sorolla, un peintre espagnol à Paris ».

Commissariat d’exposition : Blanca Pons-Sorolla, arrière-petite-fille du peintre, et Maria López Fernández, historienne de l’art.

Période : Du 14 juillet au 6 novembre 2016, tous les jours, de 10h à 18h.

Lieu : Musée des impressionnismes de Giverny, 99 rue Claude Monet, 27620 Giverny. Accessible aux personnes à mobilité réduite.

Accès : Accessible en voiture via l’autoroute A13, sortie Vernon ou en train via la ligne Paris/Rouen. Dans ce dernier cas, il faut descendre à la station Vernon-Giverny et prendre la navette pour se rendre au musée (compter 4 € l’aller).


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