La culture laissée de côté dans le programme d’Emmanuel Macron

9 janvier 2017 Par
Camille Bardin
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Si jusqu’ici la culture est la grande absente des débats de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron ne semble pas non plus très préoccupé par la question. Discours, tweets, site internet et ouvrage se sont révélés vides de contenu sur le sujet.

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Homme de lettre, passionné par la littérature, le théâtre mais également les sciences et la musique. Emmanuel Macron a joui d’une éducation riche, rythmée par les lectures d’auteurs comme « Molière et Racine, Georges Duhamel, Mauriac et Giono » (cf. Révolution aux éditions XO). Énarque, il a étudié la philosophie et assisté Paul Ricoeur dans son travail avant d’accompagner des pontes dans leur domaine comme Michel Rocard ou encore Jacques Attali.
En Bref, Emmanuel Macron n’a pas à rougir de son CV – si tenté qu’on ne lui reproche pas ses années passées à la banque d’affaires Rothschild. Coté politique, Emmanuel Macron n’a joui d’aucun mandat électoral, n’ayant jamais été candidat. Après s’être battu dés 2010 aux côtés de François Hollande il est désigné secrétaire général adjoint au Président de la République. Deux ans plus tard il est nommé Ministre de l’économie, de l’Industrie et du Numérique. A Bercy, les réformes qu’il entreprend le découvre aux Français. Des réformes qui auront de véritables impacts sur le secteur de la culture.

Ce qui a déjà été fait

Avec sa Loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques ou Loi Macron, le jeune politique a déchainé les foules, en particulier avec la question d’accorder la possibilité à certaines entreprises d’ouvrir leurs portes le dimanche. Parmi ces entreprises, les enseignes de biens culturels comme les librairies indépendantes ou grands magasins tels que la Fnac. Avec cette réforme, Emmanuel Macron avait pour ambition de relancer ces enseignes concurrencées par les plateformes en ligne accessibles en permanence. Une réforme dont, a en croire l’OCDE, on verra les véritables retombées économiques à l’horizon 2024. Autre pan du secteur culturel touché par la loi Macron: le marché de l’art. En créant des plateformes d’enchères en ligne, Emmanuel Macron a redynamisé la mutation numérique du marché de l’art mais s’est également mis les commissaires priseurs à dos. Bien que loin de la rue Saint Honoré, Emmanuel Macron a donc malgré tout eu un certain impact sur la culture.

Un semblant de programme

Mais maintenant que Macron s’est déclaré candidat à la présidentielle, que pouvons nous espérer de sa politique culturelle? Pour le moment rien. Rien ne sert d’éplucher les tweets, discours et autres articles, Emmanuel Macron n’a fait aucune proposition sur le sujet. Seul le chapitre « Réconcilier les France » de son livre nous éclaire en un paragraphe sur le constat qu’il dresse: « La France périphérique (manque d’accès) aux activités culturelles. Sa solution, quelques pages plus loin: Faire en sorte d’accroitre son accès à la culture. Un peu léger.
Un vide contradictoire avec l’intérêt qu’il dit porter à la culture qui peut s’expliquer par son actuel travail de recherche d’idées et de solutions. Soutenu par les équipes de son mouvement En Marche, Emmanuel Macron semble entreprendre un véritable travail de sondage des désirs des Français. Une démarche qui se traduit par l’organisation de réunions thématiques au sein des villes auxquelles sont conviés les habitants pour connaitre leur opinion sur divers sujets. Les avis recueillis, ils remontraient par le biais des représentants territoriaux d’En Marche aux oreilles du candidat.
Néanmoins, si on peut espérer que ces recherches en pyramide inversée mènent à un programme abouti, le concept de « culture » fait en permanence référence aux notions d’éducation ou d’identité. Cette confusion soulignant d’avantage l’absence totale de propositions.

Visuel: DR