Pierre Bouteiller : une grande voix de la radio s’est tue

10 mars 2017 Par
Bénédicte Gattère
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Voix incontournable de Radio France, Pierre Bouteiller nous a quittés ce vendredi 10 mars. Il a immédiatement reçu de nombreux hommages, en particulier de la part du monde de la radio, « comme de bien entendu ». Animateur et producteur d’émissions pour France Inter, il incarnait un journalisme exigeant, impertinent et joyeusement fédérateur.

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Grand amateur de jazz, directeur pendant un temps de France Musique, il était surtout connu pour être le présentateur de l’émission très suivie sur France Inter, le Masque et la Plume, où l’on parlait musique bien sûr, variété et mode. Depuis les années 1960, il a su capter l’attention de ses auditeurs par l’exigence de ses programmes et sa liberté de ton rafraîchissante, ce qui lui a quand même valu d’être limogé d’Europe 1 en 1969 pour un gag impertinent à propos du président de Gaulle. C’est alors que Roland Dhordain lui propose d’intégrer France Inter et petit à petit, il y gagne un public fidèle. Animateur enthousiaste et passionné de l’outil radiophonique, il gagne ses galons jusqu’ à en devenir le directeur des programmes de la radio en 1989. Bouteiller devient l’un des membres du trio surnommé « A.B.C. », avec José Artur et Jacques Chancel, deux autres grandes voix de la chaîne, qui vont également faire partie des figures incontournables du service public. Entre-temps, Pierre Bouteiller avait fait un bref passage par la télévision où il avait installé sur TF1 la célèbre émission « Droit de réponse », présentée par Michel Polac.

Sur France Inter, son « bonjour » swag et doucement aguicheur a marqué les esprits et ses émissions comme Embouteillage, Le magazine de Pierre Bouteiller, Au bénéfice du doute ou Comme de bien entendu ont été suivies par des générations d’auditeurs. Présentateur apprécié et reconnu, il a su également donner sa chance aux autres et c’est en 1991 qu’il invite Laurent Ruquier à créer Rien à cirer et lui permet ainsi de lancer sa carrière.

À 82 ans, diminué après des soucis de santé, il s’est éteint en écoutant du jazz pour une dernière fois, dans la nuit du jeudi 9 mars au vendredi 10. Son souvenir rappelle l’importance d’être audacieux et de rester amoureux de ses passions en tant que journaliste, – le jazz avait été l’une de ses premières et il avait même d’abord envisagé une carrière de pianiste … pour finalement donner à entendre la musique mais d’une autre façon : grâce à la radio.

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