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Sport et Culture, la Chronique de Gilles Cohen-Solal

Sport et Culture, la Chronique de Gilles Cohen-Solal

25 avril 2012 | PAR La Rédaction

5. Le sport, c’est de la culture : deuxième plaidoyer.

Il semble clair qu’à un certain nombre de gens le sport et la culture sont deux univers antipodesques… ! Alors qu’il y a une vraie culture du sport dans beaucoup de pays qui remplace aujourd’hui la culture « livresque », pour une raison simple cette culture occidentale, définie comme la norme, est minoritaire.
Lorsque je parle de Garrincha, Pelé, Ayrton Senna aux brésiliens je parle à tout le monde, à tout un peuple qui, même si il n’a pas lu Proust (grand bien lui fasse !) se retrouve dans les épopées de ces héros, de SES héros ! Cette culture, indéniablement est aujourd’hui plus répandue dans le monde que la culture que nous érigeons, nous pauvres occidentaux, en repère absolu du savoir…

Le football, le base-ball, le cricket, le golf, la Formule 1 … sont LA culture majoritaire de la majorité de la population planétaire… Il n’y a ni à s’en féliciter, ni à le regretter… c’est ainsi !

L’Europe plus les USA représentent aujourd’hui 10% de la population mondiale… C’est à dire presque rien, des cacahuètes ! Et pendant que ces « pseudo élites » croient détenir l’avenir, la culture, le savoir et le devenir du monde émergent des pays… la Chine, l’Inde, le Brésil qui représentent non seulement démographiquement mais économiquement le devenir de l’humanité… Et parce qu’ils n’auraient pas lu Pascal, Montesquieu ou Voltaire ils n’existeraient pas… !

Quelle fatuité de la part de l’occident d’ignorer le fondement de leurs cultures ! Certes, le sport n’est pas leur unique culture, mais elle est la culture qui les rassemble, les unit, les soude et en fait des nations non seulement émergentes mais unies et soudées… Alors que nous prônons un individualisme forcené dans des sports individuels, elles mettent leurs énergies considérables dans des sports d’équipe…

Qui a oublié ce qu’étaient la RDA, l’URSS, La Roumanie et aujourd’hui Cuba et la Chine sur le plan sportif ? Ces nations avaient érigé comme base commune pour leurs citoyens le sport et la possibilité qu’il leur donnait de conquérir le monde. Certes, j’entends déjà les critiques fuser ! Le sport avait remplacé la religion comme « Opium du Peuple » dans les pays communistes… Oui, absolument, et alors ? Ce n’est pas pour cela que ce n’est pas devenu une culture de référence… !

Quelles qu’en soient les raisons, le sport a pris une place grandissante, grâce, ou à cause, de la politique et des médias dans le monde qui est le nôtre. Le sport est non seulement une culture, mais probablement pour la majorité de la planète LA CULTURE… On peut le déplorer ou s’en réjouir mais c’est ainsi… Et il y a une chose à ne pas oublier, jamais : dans la majorité des pays où la « culture diversifiée » est proscrite, le seul moyen de culture, de retrouvailles et de communion est le sport… !

« Quand les livres sont interdits, les ballons sont autorisés… ! ». Signé A.

Gilles Cohen-Solal.

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La Rédaction

One thought on “Sport et Culture, la Chronique de Gilles Cohen-Solal”

Commentaire(s)

  • Je découvre cette rubrique. C’est un peu court… A-t-on le droit de ne pas être tout à fait d’accord? Pas du tout même?

    Vous citez des pays dans lesquels ce qu’il convient d’appeler la culture (sans le sport) a disparu de la rue. En RDA il fallait se refiler les livres sous le manteau. A Cuba la culture s’appelle telenovela, car tous les intellectuels ont fui et ce qui unit le pays ce sont des feuilletons à l’eau de rose complètement débilitants. Je n’ai jamais vu personne un livre à la main au Brésil. Je vis dans un pays où le football est quasiment élevé au rang de religion, où les populations braillantes agglutinées devant les postes de télé chaque dimanche soir ont lu leur dernier livre à l’école. Toute une population qui ne lit plus, qui n’a jamais mis les pieds dans un musée. Et l’on peut continuer longtemps comme ça avec force d’arguments. Vous oubliez notamment les femmes, qui sont pour la plupart engagées dans des sports individualistes, comme en Russie par exemple où elles excellent. Etc.

    Ériger le sport au rang de culture est un non-sens ou l’acceptation de son rôle de propagande. Faut-il vous rappeler qu’en France « culture » et « sports » occupent deux ministères et non un seul unique? Il doit bien y avoir une raison à cela. Et comme vous le faites remarquer si justement, ce sont les régimes autoritaires et totalitaires qui regroupent les deux disciplines, afin de diluer toute forme de réflexion de leur population dans le culte de l’homme nouveau ou de l’homme parfait.

    Je veux bien que le cricket transcende les générations et les classes en Inde mais la Chine est tout de même plus présente dans l’histoire du sport pour ses arts martiaux et le ping-pong que pour tout autre sport par équipe…

    C’est presque choquant comme « texte » et en tous les cas bien maladroit. Mais sans aller jusque-là, se limiter à beugler pour son équipe préférée, à se rappeler leurs noms et leurs scores, je ne vois vraiment pas en quoi cela constituerait une quelconque forme de culture. Les discussions de sorties de matchs sont plutôt limitées quand elles ne se terminent pas à coups de bouteilles cassées… Suis-je tout seul à avoir l’impression d’enfoncer des portes ouvertes?

    avril 25, 2012 at 21 h 57 min

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