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Costumes d’enfants au Musée Guimet-Retour aux sources de la mode

Costumes d’enfants au Musée Guimet-Retour aux sources de la mode

06 novembre 2010 | PAR Avela Guilloux


Si la mode est un éternel recommencement, qui fonctionne par cycles qui réapparaissent les uns après les autres saison après saison, il est parfois bon de  retourner aux sources de cet art parfois victime de la consommation. C’est ce que nous permet de faire le musée Guimet, avec la magnifique exposition  » Costumes d’enfants- Miroirs des Grands ».

L’exposition est avant tout un hommage à Mme Krishna Riboud, exceptionnelle collectionneuse, qui a laissé l’un des plus riches ensemble de textiles au monde. Ainsi la première partie de l’exposition nous présente le parcours de cette femme incroyable . On est un peu surpris par les photos réalisées par Marc Riboud de sa belle-soeur Krishna, la représentant  au milieu de son jardin de Breteuil. N’est-on pas venu voir une exposition de costumes ? Puis, peu à peu , en observant cette galerie, on comprend que le photographe à su saisir l’amour du motif qui habitait cette passionnée, et qui se reflète dans ses compositions végétales . En fin de salle, un magnifique costume de petit prince indien,  aux motifs rappelant d’ailleurs l’univers de ce jardin de Breteuil que nous avons pu observer sur les photographies précédentes, issu d’un défilé Christian Dior/ John Galliano ( Automne-Hiver 2000/2001) nous attend ( photo) . ça y est nous y sommes : nous entrons dans un univers de textile incroyable.

Dans des salles aux éclairages tamisés ( en raison de la fragilité des pièces exposées) , on passe de merveilles en merveilles : les costumes d’enfants sont organisés en 3 salles : les costumes d’apparat, les costumes religieux et les costumes populaires. Ces magnifiques pièces, remarquablement conservées, proviennent d’Inde, de Corée, du Japon, de Chine. Au delà du travail impressionnant de précision et de finesse que représente chacun de ces costumes, on est émus de réaliser l’importance de ces vêtements : l’enfant,qu’il soit héritier d’un titre, ou issu d’un milieu populaire, est l’objet de toutes les attentions. La vertu protectrice des vêtements est grandement mise  en avant :

Dans toutes les civilisations, on revêt l’enfant de symboles le protégeant du mauvais oeil et des mauvais esprits : En Chine par exemple, le bébé est protégé par des talismans, des chapeaux ou des chaussures en forme d’animaux protecteurs ( tigre, chien). Puis, la vie de l’enfant est jalonnée de cérémonies impliquant des textiles ou des vêtements particuliers : c’est le cas au Japon, où l’enfant se verra offrir son premier kimono, sur lequel sont cousus des symboles auspicieux. Il est passionnant de découvrir tous ces us et coutumes, si lointains de notre rapport aux vêtements actuels. Au milieu de toutes ces merveilles, quelques-unes font quand même froid dans le dos, comme les chaussons utilisés pour le bandage des pieds des petites filles en Chine, ou cette armure d’enfant, qui doit correspondre à la taille d’un bébé de 2/3 ans…

Au cours de l’exposition , on découvre également les différentes techniques de création de ces costumes : filage , tissage, broderies, tissus,  tout est expliqué et détaillé, et même illustré au moyen de photos  ou petites figurines.

Ces costumes anciens nous frappent également par leur actualité : que ce soit les magnifiques vestes coréennes damassées, aux manches ornées de bandes de tissus de couleurs vives, les très richement brodés costumes de princes indiens, les robes dragons en taffetas chinoises, toutes les influences des plus grands créateurs de mode actuelle, de Galliano à Kenzo, en passant par Issey Miyake, Jean- Paul Gaultier ou Commuun sont là.

L’exposition s’ achève d’ailleurs par le travail de 3 artistes contemporains : Jeong Mee Yoon, dont le travail photographique donne à voir un catalogue de l’abondance ou certains éléments de tradition, dont le vêtement fait partie, apparaissent. Le travail de l’artiste Surekha met en scène un monde qui interroge la  condition de la femme en Inde et le poids des usages. Enfin, Issey Miyake révèle une création textile attestant d’une symbiose entre une tradition textile ancestrale et un cheminement vers la modernité. Ces oeuvres donnent une autre dimension et une grande profondeur à l’exposition.

Amateurs et amatrices de textiles, passionnés de mode, amoureux de l’Asie et de ses mystères, précipitez-vous au Musée Guimet!

Infos pratiques  : Costumes d’enfants Miroirs des grands

Musée Guimet, ouvert tous les jours sauf le mardi de 10h/à 18h

6, place d’Iéna 75116 Paris Métro : Iéna/Boissière

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Avela Guilloux

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