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Vélomoteur et Téléphone à cadran rotatif: La Collection du Collectif BPM pour la Sélection Suisse en Avignon au Théâtre de l’Orangerie de Genève

Vélomoteur et Téléphone à cadran rotatif: La Collection du Collectif BPM pour la Sélection Suisse en Avignon au Théâtre de l’Orangerie de Genève

22 juillet 2020 | PAR Chloé Hubert

Le Collectif BPM formé des initiales de ses membres (Catherine Buüchi, Léa Pohlhammer, Pierre Mifsud) nous présente sa Collection pour l’édition 2020 de la Sélection suisse en Avignon (reportée à l’été 2021) au superbe Théâtre de l’Orangerie. Formée jusqu’à présent de la K7 audio, elle s’enrichit du Vélomoteur et du Téléphone à cadran rotatif. Dans ces deux petites pièces d’une trentaine de minutes chacune, le trio talentueux redonne vie avec brio à ces objets vintage un peu oubliés. On rit beaucoup et on sort avec une seule idée en tête, voir La Collection s’agrandir ! 

Le vélomoteur et le Téléphone à cadran rotatif ressuscités 

Le trio entre sur scène, il n’a pas encore ouvert la bouche que le public est déjà hilare. Tout dans la gestuelle empêchée par des corps trop grands pour les personnes qu’ils abritent est parfait. Nos comédien.nes ont 15 ans. Ils incarnent des ados qui nous racontent le Vélomoteur: ses bruits, les interactions qu’il suscite, les négociations avec les parents pour avoir le droit d’en conduire un – parfois en vain -, les manip’ pour le débrider, le passage de la scelle tape-cul à la scelle banane, et le must, le phare tomate ! On est entrainé dans ces fragments de souvenirs et d’histoires sur fond de musiques d’époque quand soudain le téléphone sonne. 

C’est un Téléphone à cadran rotatif qui trône sur un secrétaire sur le devant de la scène. Nos ados deviennent alors Jill – et non pas Gilles, attention – une baby-sitter qui reçoit des appels anonymes dignes d’un film d’horreur américain; une comédienne qui tente de jouer une scène mais qui est constamment interrompue; une colombienne qui travaille dans les télécommunications. Ces trois histoires se mêlent avec pour seul point commun ce téléphone à cadran rotatif. Bref, rien n’a vraiment de sens mais tout fait sens grâce au talent des comédien.nes et leur aisance d’interprétation exceptionnelle. On assiste à de la haute voltige où les commédien.nes passent d’une histoire à l’autre tout en s’accrochant à ces deux objets de référence, sorte de trapèze de leur performance sur lesquels reposent leurs acrobaties. 

Une justesse d’interprétation hilarante 

Pourtant, si tout tourne autour du Vélomoteur et du Téléphone à cadran rotatif, il n’y a rien sur scène. Ils n’existent que par leurs sons: un vombrissement de moteur ou une sonnerie stridente. Leur présence s’impose toutefois à nous et leur réalité est délimitée par les performances des commédien.nes. Il en va de même pour les décors, qui se modèlent sur les pas de ces derniers, occupant cet espace vide pour le faire devenir rue, boîte de nuit ou salon américain. Ils virevoltent avec aisance et nous laissent un sourire sur les lèvres prêt à se transformer en rire à la première occasion. Et on rit d’ailleurs jusqu’aux larmes parfois, mais pas un rire potache. On rit de la justesse de l’interprétation et de l’incarnation des personnages et des situations liées à ces objets désuets. Le trio démontre ici une prodigieuse capacité d’observation qui, doublée d’un travail certain, permet une interprétation précise et toujours fine. Chaque geste, mimique, clignement d’oeil, changement de ton est parfait et parfaitement réfléchit pour paraître parfaitement naturel. Le rire vient de là, de l’acuité totale de ce fantastique trio. 

C’est un sans faute, la salle est conquise et il nous tarde maintenant de découvrir la suite de La Collection. Après la K7 audio, le Vélomoteur, le Téléphone à cadran rotatif, c’est le Téléviseur à tube cathodique, pièce maîtresse des salons d’autrefois et le plus discret mais non moins symbolique Service à asperges qui seront racontés dans les deux prochains épisodes joué au Théâtre St-Gervais à Genève en décembre 2020… Et on ne peut que vous inviter à ne pas rater ça ! 

Visuel: Crédits Anouk Schneider ©

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Chloé Hubert

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