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Théâtre : les tops 2012 de la rédaction

Théâtre : les tops 2012 de la rédaction

21 décembre 2012 | PAR Amelie Blaustein Niddam

On ne va pas mentir, cette année on aurait eu plus de facilité à faire des flops que des tops. On a été souvent trahis, déçus ou juste bouffés par l’ennui. Mais au milieu de ce néant, les journalistes ont été confrontés au grandiose. Il y a eu alors la joie de sortir d’une salle différents, et d’être durablement marqués du sceau du souvenir, emportant la sensation agréable de garder avec soi un spectacle fondateur.

Nassim garde trois coups de coeur .  D’abord Volpone, une mise en scène entre drame et boulevard de la pièce de Ben Jonson au Théâtre de la Madeleine,  Cirkafrika! le spectacle de cirque venu de Tanzanie et l’immanquable « Tour du monde en 80 jours « de Stephane Azzopardi

Amélie  est dans la panade : « Trois ? non ! Au moins cinq, alors …. ce sera six ! Je ne peux pas faire moins que cela ! En tête, ma dernière révélation, La clôture de l’Amour de Pascal Rambert où l’aridité de la rupture devient spectacle. Sans surprise, mon adoration pour Roméo Castellucci amène ici  The four saison restaurant vu à Avignon. Le maître y provoquait une magistrale apocalypse. Adoration encore, je suis grou-py, alors oui, j’ai versé ma larme quand Miss Knife a retiré sa perruque  au théâtre de l’Athénée.  Un choc danse maintenant, survenu le tout dernier jour du Festival d’Avignon. Dans le cloître des Carmes, Olivier Dubois a fait danser la Tragédie. Standing ovation mémorable. Autre choc, mais celui là terrifiant. La nuit tombe de Guillaume Vincent. Avoir peur au théâtre, se laisser frissonner, ce n’est pas si fréquent ! Pour finir, le meilleur fou rire de l’année 2012 ! C’est avec Italienne scène que cela s’est produit.

Yaël emène avec elle Les 11 000 verges de Guillaume Apollinaire par la cie in cauda à la Maison de la poésie, humour érotisme et énergie, Le lien d’Amanda Sthers aux Mathurins, du tragique resserré ,Molly Bloom d’après Joyce et interprété par Anouk Grinberg aux Bouffes du nord, Disgrace, d’après Coetzee mis en scène par Luk Perceval à la MAC, un coup de poing et… et… La chambre d’Isabella de John Lauwers au Sylvia Montfort, simplement tout un autre monde :

Juliette joue les valeurs sûres : Le si triste, si beau 1980 de Pina Bausch, Un ennemi du peuple du grand Tomas Ostermeier et l’objet de colère  Golgota Picnic de Rodrigo Garcia ( ok, c’était 2011… mais décembre 2011 !)

Smaranda, la miss performance de la rédaction prend avec elle  Krystian Lupa, La Cité du rêve, Alain Buffard, Baron Samedi et les immanquables Chiens de Navarre pour Les danseurs ont apprécié la qualité du parquet à la Ménagerie de Verre.

Audrey, la meilleure des meilleures exilées Lilloises a choisi, La Vie est un rêve, de Jacques Vincey, La Chanson, de Tiphaine Raffier et La Tragédie du Vengeur, de Jean-François Auguste

Et pour finir, la star des stars  des critiques théâtre, Christophe a  sélectionné le meilleur du meilleur :

 

Le pari osé et remarquablement réussi de donner à voir et entendre avec mordant et ironie la descente aux enfers du docteur Stockmann, héros ibsennien du XIXe siècle, comme le calvaire d’un bobo indigné dans l’Europe d’aujourd’hui. L’adaptation fonctionne admirablement. Et quand Ostermeier échaude la salle en lui donnant la parole au cours d’un débat / happening sur les fondements de la démocratie, il réalise, avec ses excellents acteurs qui n’hésitent pas à prendre ce risque, un modèle de théâtre politique qui concerne et provoque un mémorable électrochoc.
Le Misanthrope de Molière trash et percutant mis en scène à l’heure des écrans tactiles, des téléphones portables et des salons high tech ; il fallait l’audace d’un metteur en scène flamand et l’excellence des comédiens allemands (dont le génialement furieux Lars Eidinger) pour tenir ce pari. Tant pis pour les artistes français trop embourbés dans une approche patrimoniale et passéiste des classiques, la Schaubühne de Berlin l’a fait et c’était explosif !
L’image saisissante et inoubliable d’ un chef d’orchestre prenant, baguette en main, la direction d’une fosse vidée de ses musiciens remplacés par des appareils grinçants ne pouvait être plus éloquente pour dire la déshumanisation de la période d’entre-deux-guerres et la consolation qu’apporte la musique. Une merveille de délicatesse, d’humour frôlant l’absurde, de caricature vacharde et d’humanisme tendre, c’est tout l’art de Marthaler pour dénoncer la violence ordinaire qui broie les faibles et dire son amour des petites gens.
On continue hors les murs, avec Poppea e Nerone, Krzysztof Warlikowski ( Teatro Real , Madrid )
Warlikowski a suivi  au Teatro real de Madrid Gerard Mortier, celui qui l’a propulsé dans le monde de l’opéra, et y a monté un Couronnement de Poppée absolument magnifique d’érotisme sulfureux, d’ambigüité sexuelle et politique, et de traumatisme historique, en donnant au monde décadent de Néron le cadre contemporain d’une salle de classe pervertie par la montée des totalitarismes dans laquelle Sénèque, professeur d’université, donne son dernier cours avant de mourir. Bouleversant.
Une pièce à la luminosité pasolinienne magnifiquement interprétée par Sébastian König et Lucas Prisor, deux facettes d’un soleil noir, et la grande Ilse Ritter chantant d’une voix éraillée la Romance à l’étoile (O du mein holder Abendstern)de Tannhäuser. La mise en scène flamboyante, charnelle et sensible d’un texte qui interroge intimement les thèmes de la création artistique, de la culpabilité, de l’amour destructeur, de la fascination, de l’aspiration à la liberté.

Visuel (c) Christophe Raynaud de Lage

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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