Théâtre
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Sun , Cyril Teste fait renaître l’enfant qui est en nous

10 février 2012 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Cyril Teste propose une suite à son spectacle Reset présenté en 2010. Sun, déjà présenté au Festival d’Avignoninterroge notre regard d’adulte sur l’enfant qu’on a été. Question éternelle portée de façon onirique par deux bambins formidables et une scénographie de conte de fée.

Léna et Mathéo, s’aiment, leurs initiales ça fait L&M… Elle Aime… Pas belle la vie ? Les souvenirs et les peurs rangés dans une boite prête à grandir pour devenir au fil des années le cœur de nos terreurs nocturnes, les deux gosses se font la malle, direction l’Afrique pour un voyage ici spirituel où le mouvement vient de l’immobilité des comédiens portés par un décor-acteur lumineux.

Le plateau semble vide, un enfant seul joue avec une araignée en métal. Puis surgissent des panneaux qui s’avancent, qui laissent venir un plateau qui sera tournant. Sur ces murs multiples, les dessins de Lena et Mathéo prennent forme. Elle et lui, main dans la main, dans une innocence déjà brouillée par la conscience. Dans cette proposition, les adultes viennent parfois regarder un mur derrière lequel vit leur « moi » enfant.

Sun agit comme une respiration imposée au spectateur. Elle devient profonde et nous fait atteindre un état méditatif « s’accopinant » avec l’hypnose. Pris par la lumière, forcement celle du soleil, en rayon sur les comédiens, les dessins vidéos qui tracent des lignes de vie et la musique hypnotique, l’effet est celui d’un moment psychédélique futuriste où la robotique fait irruption. Pourtant, l’épure est totale, portée par des voix murmurées, amplifiées au micro, comme pour parler non pas à nos oreilles mais à nos âmes. Le dialogue entre l’artificiel et le vivant est permanent venant souvent nous interroger : « tu te souviens ? ».

Cyril Teste réussit l’exploit de dire l’absurdité de l’être humain : enfant il veut fuir cet état, adulte il veut le retrouver. La dialectique du spectacle puise ses sources autant dans Saint Augustin que dans le Yoga dans un dialogue intérieur incroyablement juste et beau.

Visuel (c) Nathalie Sternalski

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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