Théâtre
« Sous la peau », une pièce intradermique qui annonce un nouvel adage : je me gratte donc je suis

« Sous la peau », une pièce intradermique qui annonce un nouvel adage : je me gratte donc je suis

23 octobre 2019 | PAR Geraldine Elbaz

Cette création collective, portée par cinq jeunes talents et joliment orchestrée, interroge sur notre rapport au monde, dans lequel tout va très (voire trop) vite et dénonce un paradoxe : plus on se livre, plus on s’exhibe, moins on se connaît…

 

Quelle place pour l’introspection dans une société de l’image et du paraître? Est-il possible encore de prendre le temps de réfléchir sur soi, sur l’autre, sur l’humanité? Que dire de notre individualité, de notre identité dans un monde de plus en plus standardisé, uniformisé ?
 
Grattons « sous la peau » et tentons de voir ce qu’il y a dessous…
Si le décor est sobre, composé d’une table de régie, de quelques chaises et d’un portant à vêtements, les comédiens prennent l’espace et nous emportent avec eux dans l’exploration de leur intériorité, de leurs doutes et leur folie parfois.
Idir Chender, à l’initiative de ce projet, signe une mise en scène particulièrement esthétique et efficace, illustrée par une jolie création musicale;  Jean et Frédéric Siuen sont excellents; Ophélie Lehmann est impressionnante quand les nerfs lâchent et mention spéciale à Anne-Clothilde Rampon qui nous fait mourir de rire quand elle rentre dans la peau du Professeur Glass, psychiatre allemand qui nous explique les méandres du cerveau.
Retenez bien leurs noms car ils n’ont pas fini de faire parler d’eux. 
C’est intelligent, sensible, bien mené, parfois déstabilisant mais surtout cela nous donne l’occasion de nous interroger sur des sujets essentiels qui nous concernent tous.
Crédit photo: ©Marie Charbonnier
Sous la peau
Collectif la petite aiguille
Le samedi à 21h
Durée: 1h15
Jusqu’au 30 novembre 2019
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Geraldine Elbaz
Passionnée de théâtre, de musique et de littérature, cinéphile aussi, Géraldine Elbaz est curieuse, enthousiaste et parfois… critique.

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