Théâtre

Raoul par Fernandez en tournée de portraits

Raoul par Fernandez en tournée de portraits

19 mars 2019 | PAR Amelie Blaustein Niddam

 

Depuis le dernier festival d’Avignon on est fous des Portraits de la Comédie de Caen. Depuis plus d’un an, le CDN croque, via le pinceau des meilleurs metteurs en scène actuels, le portait d’artistes morts et vivants ayant comme lien un fort rapport à l’identité sexuelle.

Cette fois-ci on passe au vivant et c’est notre adoré Raoul Fernandez qui s’y colle. Raoul on le connaît sur scène, celle de la Comédie Française, celle de la cour d’Honneur. Nous, pas encore assez vieux pour l’avoir vu chez Copi, mais déjà assez pour le suivre depuis les premiers Nordey, nous ne pouvions rater ce one shot de mars : Portrait de Raoul : qu’est-ce qu’on entend derrière une porte entrouverte ?

Alors, Raoul, qu’est-ce que tu as entendu petit quand tes parents te voulaient fille? Quand tes frères sont morts avant ta naissance ?

Dans le texte que Philippe Minyana a écrit, on retrouve la vie que l’on ne connaissait pas de l’acteur que l’on connaît tant .

Le seul est scène est pensé par le directeur du CDN de Caen,  Martial di Fonzo Bo, fou de Copi –  on se souvient de son incroyable Tour de La Défense – qui transforme Raoul en fille, selon les désirs de sa maman. « Je faisais la fille de la maison », perruque blonde, robe noire et talons, le corps tordu et la lumière jaune comme Di Fonzo Bo sait faire .

Alors tout seul mais si nombreux, Raoul convoque ses idoles : Copi, Noureev, Nordey, sa mère … il livre tout avec comme fil conducteur celui qu’il glisse dans le chas de l’aiguille qu’il n’a jamais cessé de manier pour ses idoles justement.

L’adresse est directe, généreuse. Le regard de Raoul toujours au bord de la fêlure vous happe. Le gamin d’El Transito Salvador est là aussi, tout le temps, particulièrement dans les chansons qui nous font voyager comme lui de « Dos gardénias para ti » à Madame de Butterfly.

Ce portait offre une leçon de théâtre, sur le fond (Raoul Fernandez a appris Molière par cœur en arrivant à Paris) et la forme. L’exercice du solo multiple est ici merveilleusement porté par ce comédien que l’on sait dément mais qui là se prête à un jeu très difficile. « Oulala quelle histoire! » dit à juste titre Raoul. Quelle grande histoire ! Merci.

A voir les 20 et 21 mai au Théâtre Ouvert

visuel : @Comedie de Caen-CDN

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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