Théâtre

« Les aventures d’Octave » racontent les élucubrations d’Antoine au Théâtre des Corps Saints (Avignon Off)

09 juillet 2011 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Attention gros coup de cœur! Alain Payen est Antoine Pageault, sous la direction de Pascale Siméon, il raconte jusqu’au 28 juillet au Théâtre des Corps Saint « Les Aventures d’Octave ». Mais qui est donc Octave ?

« Les aventures d’Octave » est un seul en scène « polyphonique » absolument tout public. Alain Payen entre sur la pointe des pieds dévoilant un costume trois pièces au pantalon juste assez court pour dévoiler des chaussettes orange pétard du meilleur effet. Il dépose une mallette, l’ouvre, et dévoile une grande horloge, donnant l’heure, avec des chiffres car « ça ne ment pas » alors que les mots… C’est ainsi qu’il annonce que nous allons passer 66 minutes ensemble, c’est une vérité !

66 minutes pour déballer sa vie, « tenir le crachoir », « tenir la jambe » et décrypter, décomposer pas mal d’expressions idiomatiques. Mais de quoi parle Antoine ? Et bien d’Octave. Mais c’est qui Octave ? Octave est un chêne nain sous lequel son père, René Pageault veut que son fils, Antoine donc, enterre ses cendres. Avant ça, Antoine a une enfance qu’il raconte en quelques tours de piste. Ainsi, son père aura fait la vaisselle 8 heures par jour avant de se taper la banquière aux gros seins puis la graphiste toute plate. Ensuite, Antoine tourne toujours, en roller de préférence, entre deux barres d’immeubles parisiens.

Pour décrire les personnages, Alain Payen les présentent sous la forme de jolies petites poupées aux costumes soignés : le vendeur de plante, sa mère, la banquière… pas un ne manque.

L’écriture est extrêmement fine et surtout hilarante. L’univers tient à la fois de Raymond Devos, Guy Bedos et Alain Queneau. Les mots sont triturés, l’histoire est tordue à souhait, pleine de rebondissements improbables. Le jeu de scène d’Alain Payen est brillant et sensible. Jamais son regard ne vous lâche, le rythme mené est idéal, entre moments très speed et secondes de repos (deux fois six exactement !)

Le sujet est éternel, « Les aventures d’Octave » parle de relations familiales compliquées, d’histoires d’amour avec happy end et d’un passage lent, mais réussi à l’âge adulte. Cher Alain Payen, effectivement, vous n’avez pas menti, nous avons passé 66 minutes avec vous, mais les mots ne mentent pas toujours. Voici une seconde vérité : ces 66 minutes sont un petit bijou d’humour et de sensibilité.

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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