Théâtre
Corneille Molière, l’arrangement se fait au Théâtre des Amants (Avignon Off)

Corneille Molière, l’arrangement se fait au Théâtre des Amants (Avignon Off)

09 juillet 2011 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Dans un endroit, étant à la fois une rue et une place, se niche à l’année un minuscule théâtre. Le théâtre des amants, à l’origine, la chapelle des Pénitents Violets construite en 1662, aujourd’hui quatre ou cinq bancs, une scène couronnée d’un mur où nicher des bougies et à 14h15, un joli spectacle sur la thèse selon laquelle Corneille serait le nègre de Molière. L’occasion de se plonger dans l’histoire de la politique culturelle du XVIIe siècle.


Ils sont deux sur une scène, installent leurs personnages et le décor. L’un est Molière, l’autre Corneille. On les rencontre quelques années après un arrangement fameux. En 1658, Corneille propose « vous avez de l’argent, j’ai de l’entregent. Notre entreprise va réussir ».
Les pièces de Molière sont régulièrement censurées, celles de Corneille ne sont plus jouées. A eux deux, et pour l’amour de Madeleine, ils créeront des spectacles phares en des temps records.
Mythe ou réalité? La metteuse en scène Valerie Durin rappelle que « cette fiction s’appuie sur des repères historiques, des circonstances politiques, des événements intimes et s’articule autour des créations des œuvres majeures de Molière. Depuis la fin du XIXe siècle, de nombreux spécialistes démontrent dans la réprobation générale que Corneille est l’auteur de ces œuvres majeures. Les recherches sont arrivées aujourd’hui à maturité ».
Dans cette jolie petite forme, les deux comédiens font corps avec le public dans une proximité forcée. Aucun faux pas n’est permis face à un texte dense, écris à la façon XVIIe. Michel Durantin et Pascal Gleize ne défaillent pas, captant l’attention de cette relation professionnelle devenue fraternelle.
Le texte résonne avec l’actualité, insistant sur le fait du prince, les pouvoirs de nommer et de défaire, les règles dures des subventions. Porter ce texte au sein du Off semble être un cri d’appel à la reconnaissance des auteurs et des comédiens.

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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