
L’énigme Mummenschanz
Quarante deux ans que la compagnie suisse de théâtre corporel et d’objets Mummenschanz parcourt le monde, allant de salles pleines en salles pleines. Dans le cadre du festival Paris Quartier d’Été, à la Cité internationale, ils n’ont pas failli à leur réputation. Le public, traversé de rires de très jeunes enfants, a adoré pendant que nous plongions dans un ennui infini.
Première image, une grande main en guise de chapeau sur un corps vêtu d’un académique noir. Elle est monumentale, ouvre le rideau, premiers rires. Pourquoi ? Qu’est ce qui peut tant séduire dans ces personnages déshumanisés, utilisant le masque comme instrument ludique ? Les comédiens et circassiens sont formidables, rendant mouvant des objets inertes. Cela est indéniable.
Leurs donnent-ils pour autant une âme ? Assurément non. Il ne suffit pas de transformer un tuyau en cœur ou de mimer une rencontre amoureuse avec des papiers toilettes pour toucher à la poésie.
Nous avions perdu le rire, alors nous avons cherché le sens. L’alternance rapide de saynètes ne permet pas d’atteindre une histoire qui soit autre que triviale, frivole ou mignonne.
Face aux masques en pâtes à modeler, les images des jeux de l’enfance sont réapparues. C’était peut-être là qu’il fallait chercher l’esprit de ce spectacle. Avons-nous perdu l’âme de nos jeunes années? Pas sûr, au regard de spectacles comme M’envoler de Jean-Luc Bosc, Gingko Parrot ou Les habits neufs de l’empereur de la Compagnie Dottie, à ces moments-là, nous avions 5 ans comme le public. Ce soir, nous sommes restés sur le carreau, à regrets.