Théâtre
Le Discours : Simon Astier en humour et en névroses

Le Discours : Simon Astier en humour et en névroses

18 octobre 2021 | PAR Lucas Liberati

Jusqu’au 8 janvier, Simon Astier interprète une belle adaptation du roman de Fabcaro sur les planches du Théâtre Michel à Paris, respectant la fine mécanique du matériau original tout en y ajoutant sa folie.

 

Une adaptation intelligente

Un livre, un film, la pièce est la troisième arrivée autour du texte de l’auteur héraultais. Si le film de Laurent Tirard très bien campé par Benjamin Lavernhe adapte et incarne toutes les fantaisies du roman, le faire sur scène, est-ce possible ? Astier montre que oui. Si le côté écrit ressort assez au début du spectacle, il s’estompe rapidement une fois le cadre exposé et le rire prend le pas. Dans ce rôle de quarantenaire un poil sociopathe, l’équilibre est difficile à tenir entre humour froid et sous-jeu. Heureusement, le dynamisme du récit, très bien accompagné par la mise en scène permet de mettre en perspective les pérégrinations mentales du protagoniste. Sur scène, une table d’après-dîner comme témoin d’une guerre froide dominicale, éclairée jusqu’à travers les verres jonchés sur elle selon la situation racontée, d’un mariage à une soirée de nouvel an et de l’autre côté du plateau un siège de toilettes utilisé comme QG de crise.

 

Un monologue drôle et touchant

Sous prétexte d’un discours à prononcer au mariage de sa sœur, Adrien, campé par un Simon Astier en grande forme, expose bien les normes et déboires d’une famille traditionnelle. Au milieu de ce dîner de famille, lui est obnubilé par des contingences plus modernes, celles des éternels textos à comprendre et à analyser. La prompte narration pourra faire penser à un grand épisode de Bref. sur scène. Les tranches de vies sont savoureuses et laisseront le spectateur pensif quant à la matière blanche immonde fourrant les deux seuls chocolats d’une grande boîte offerte à Noël, ou encore des frasques amoureuses d’Adrien n’hésitant à mettre le Bénin à contribution de sa réussite sentimentale. Cependant, les scénarios fictionnels de discours que le personnage s’imagine faire viennent bousculer le ton parfois stand-up avec des ouvertures vers le public plus touchantes et engageantes dans le jeu d’Astier, qui bien que portant un personnage parfois détestable, arrive à cueillir le public avec sa bonhomie et ses failles. 

Le Discours de Fabcaro, jusqu’au 8 janvier au Théâtre Michel à 19 h, interprété par Simon Astier et mis en scène par Catherine Schaub

Informations et réservations 

Visuel : Théâtre Michel / © Emilie Brouchon

 

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