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Epheas Maposa : nouvelle figure à suivre de la scène zimbabwéenne ?

Epheas Maposa : nouvelle figure à suivre de la scène zimbabwéenne ?

18 octobre 2021 | PAR Anne-Sophie Bertrand

Vous ne connaissez pas Epheas Maposa ? C’est sans doute normal. La galerie 31 PROJECT présente la première exposition personnelle en France de ce peintre contemporain zimbabwéen. Une figure à découvrir jusqu’au 13 novembre au 31 rue de Seine, Paris 6è. 

De prime abord, les couleurs vives et acidulées des toiles d’Epheas Maposa s’entrechoquent et s’opposent donnant lieu à des scènes de vie assez chaleureuses et joyeuses. Puis, au fil de la visite, un sentiment d’inconfort s’installe à la vue de ses oeuvres. La légèreté des premiers instants laisse progressivement place à une mélancolie profonde, dans laquelle se répondent les personnages dépeints. Visages effacés, cachés, déformés. Des visages inspirés de la pop culture et des cartoons qui laissent entrevoir failles et désarroi face à un monde qui semble aussi joyeusement fantasmé que désuet. 

On retrouve chez ce jeune artiste la tragi-comédie de George Condo, des références aux traitements picturaux de Francisco Goya ou encore de Chaïm Soutine. Mais dans les toiles de Maposa, contrairement aux aînées, l’individu s’efface progressivement pour faire corps avec son environnement. Faciès central mais contorsionné par la fioriture et la flamboyance des scènes,  des objets, et de la nature, des habits ou des aplats colorés. L’œil recherche le moindre détail auquel se rattacher pour sortir les personnages d’un certain chaos. Les corps, la couleur et les motifs s’arguent alors d’espoir que l’on sent parfois superficiel et vain, mais de cette exubérance formelle émane néanmoins une certaine poésie. 

A travers ces peintures qui se veulent universelles et apolitiques, Epheas Maposa ouvre une porte sur l’histoire Zimbabwe et des conditions de la jeune population. Une génération subissant les effets d’une crise économique nationale grave qui ne cesse de s’amplifier depuis les années 2000On ne peut bien entendu s’empêcher de faire le parallèle entre les oeuvres et cette jeunesse sacrifiée, bercée par les codes d’une culture mainstream véhiculant des exemples de vie qui semblent bien loin de ce qui se passe quotidiennement dans le pays. 

Cette première exposition personnelle à 31 PROJECT montre à la fois le potentiel indéniable de cet artiste autodidacte, ainsi que la puissance et le dynamisme de la scène contemporaine zimbabwéenne. 

 

Crédit photo : Détail de la toile d’Epheas Maposa, 2021, No title, huile sur toile, 171 – copyright 31 PROJECT

 

 

 

 

 

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