Théâtre
« La démangeaison des ailes », Philippe Quesne et son rêve d’Icare

« La démangeaison des ailes », Philippe Quesne et son rêve d’Icare

26 novembre 2014 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le festival Les Inaccoutumés continue son oeuvre de formation. Après avoir redonné à voir  Jérôme Bel de Jérôme Bel créé en 1995, c’est au tour de  Philippe Quesne d’avoir la chance de montrer à nouveau sa caustique Démangeaison des ailes onze ans après sa création.

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Huit comédiens accompagnés de Pipa et Salsa, deux adorables chiens vont s’interroger, à l’aide de quelques vidéos sur l’éternel désir qu’ont les hommes de voler. Dans une scénographie géniale qui nous amène des coulisses à la scène en passant par le vivarium humain que l’on retrouve dans tous les spectacles du directeur du Théâtre de Nanterre-Amandiers, le public fait corps avec les questionnements.

L’oeuvre est puzzle, elle est aussi drôle et sensible dans une forme résolument contemporaine qui ici s’interroge sur une question antique. Pour ce faire il convoque Platon et l’aérodynamique. Il s’agit aussi de faire ici le portrait d’une obsession. Dans cette accumulation, on trouve des centaines de livres, qui seront cités et une masse de chansons populaires de Ferré à Goldman en passant par Zizi Jeanmaire, tous les artistes mentionnés ont cherché à coller des plumes aux dos des hommes sans succès.

Alors il essaient tous de s’envoler, en déployant une énergie vaine. Avec beaucoup de cynisme, Quesne fait « l’autopsie de nos rêves » dans cette allégorie qui en fait ne parle que de la mort, qui surgira pour de vrai, sans que l’on attende avec la force du déni qui permet aux hommes de rester debout. Même les chiens sont là en remplacement du premier, disparu depuis.

La chute, celle d’Icare, celle de Jacob, toutes celles qui ont chercher à tutoyer les dieux,  évidement que cela nous démange, depuis des millénaires. Cette tragédie-là devient ici une « revue spectacle » joyeuse où le rire éclate sous les riffs des guitares du groupe « mondialement inconnu », les Subtle Turnhips ».

Visuel : Philippe Quesne © Vivarium Studio

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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