Théâtre
Hand Stories promène ses marionnettes de la Chine Maoïste aux néons de Broadway

Hand Stories promène ses marionnettes de la Chine Maoïste aux néons de Broadway

04 mai 2011 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Allier le moderne et l’ancien c’est ce que propose Hand Stories. Mêler l’art de la marionnette chinoise datant de la dynastie des Han de l’Ouest à la révolution culturelle, c’est l’entreprise merveilleusement réussie de ce spectacle qui raconte de façon quasi muette l’histoire de cinq générations d’artistes confrontées aux douleurs de leurs époques.

Yeung Faï est le descendant d’une lignée de cinq générations de marionnettistes à gaine chinoise. Il entre sur scène dans une position qui pourrait être celle d’un yogi, entrant dans le souffle, le prolongeant jusqu’au bout des doigts pour les assouplir encore un peu plus. En fond de scène un écran diffuse des images de ciels, d’océans, de villes aussi. Un second personnage s’attarde autour d’un guéridon sur lequel sont posés plusieurs personnages à l’effigie des membres de la famille de Yeung Faï. Son grand père, en photo, son père, son frère et lui, en marionnettes.

Voici un très beau spectacle très loin des clichés que les mots « marionnettes chinoises » peuvent véhiculer. Ces stéréotypes-là, « Hand Stories » les attrape et les transforme. Une par une, il prendra ses marionnettes et racontera leurs histoires en les entrecoupant de moments de tradition où par exemple on se délectera d’une geisha énervée, dans un salon fort apprêté face à un prétendant peu poli. Il y a de la magie dans cette épopée où l’exigence du détail ne peut que séduire. Un livre rouge minuscule dans les mains d’une marionnette et voilà la doctrine communiste racontée. On parcourt le siècle avec lui, on tremble devant la vision de son père, artiste donc perçu comme un ennemi du régime enfermé en prison, jusqu’à la mort. On rit tendrement devant notre Yeung Faï en grande discussion avec un ange gardien fan de Queen dans les bas-fonds New-Yorkais.

« The show must go on » est le fil de « Hand Stories », transmettre l’héritage en racontant la circulation de l’apprentissage. Comment, en 2011, garder intact une tradition vieille de plusieurs millénaires? Surement en la rendant contemporaine comme le fait Yeung Faï par une lumière travaillée, une mise en espace sonore en guise de dialogues et une ambiance spirituelle semblant prendre racine dans les temples chinois.

Hand Stories est un moment spectaculaire où la virtuosité se mêle à la sensibilité pour offrir un théâtre généreux.

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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