Théâtre
Davy Sardou, portrait d’un jeune talent des planches

Davy Sardou, portrait d’un jeune talent des planches

05 juin 2013 | PAR Melissa Chemam

PhotoLot-Affront02Il est à l’affiche du duo du Théâtre Rive Gauche de ce printemps dans L’Affrontement, face à Francis Huster. Davy Sardou y interprète le séminariste Mark Dolson, qui vient défier et son supérieur et la hiérarchie cléricale dans son ensemble. La pièce (voir notre critique ici) se joue depuis début mai et se prolongera cet été et devrait même reprendre en alternance à partir du 22 septembre prochain. Portrait d’un jeune talent des planches.

Il a le théâtre dans la peau et le sourire facile. Davy Sardou est un comédien plastique, humble et enthousiaste. Ce qui frappe chez lui est sa bonhommie et son penchant pour l’humour. Un trait qui a certainement déteint sur son personnage de jeune séminariste rebelle qu’aucune norme n’arrive à figer, à la foi infaillible. Un personnage qui lui tenait à cœur.

« J’avais vu et adoré la version de ‘L’Affrontement’ De Bill C. Davis montée il y a 17 ans par Jean Piat avec Francis Lalanne », raconte le comédien. « Quand j’ai appris il y a trois ou quatre ans que Piat souhaitait la reprendre, j’ai cherché à entrer en contact avec lui. Et l’an dernier en tournant le film ‘Young Perez’ avec Steve Suissa, j’ai appris que Francis Huster tiendrait le rôle du révérend Farley puis que Steve ferait la mise en scène ! ».

Pour Davy, le théâtre c’est ça, une famille, un parcours, un monde fait de coups de cœur et de coups de main. Formé aux Etats-Unis de 1998 à 2003, à New York et Broadway en particulier, Davy Sardou est aussi un héritier du théâtre, petit-fils et fils de comédiens et comédiennes. Il a toujours voulu faire du théâtre. Et ce naturel, cette spontanéité sont un peu le fondement de son jeu.

« Cet humour dans la pièce, cela tient beaucoup à notre relation, à Francis et moi, on aime se charrier, se piquer, rire, on est comme ça dans la vie, et c’est cela que l’on a renforcé entre les deux personnages », révèle Davy Sardou.

Car ce qui frappe dans ‘L’Affrontement’ version Suissa, c’est le rôle de l’humour dans ce sujet grave, la perte de vitesse de l’Eglise catholique romaine, sa rigidité et son engluement dans les tabous. Une sclérose que le personnage de Davy vient ébranler, pour le pire mais aussi pour le meilleur :

« Mon personnage permet de rouvrir des débats très contemporains de l’Eglise, avec la question de la place des femmes, des homosexuels. Et on le voit aujourd’hui en France avec les débats sur le mariage pour tous, et aussi dans tout l’occident depuis la démission du Pape Benoit XVI. Nous n’avons pas eu à retravailler le texte ; l’adaptation réalisée par Jean Piat n’est pas du tout datée ».

Comédien depuis maintenant 10 ans, Davy Sardou a aussi travaillé pour la télévision et le cinéma, un monde moins intime selon lui, dont il n’a pas encore vraiment l’impression de faire partie, mais où on le retrouvera à la fin de l’année pour ‘Young Perez’, le biopic de Jacques Ouaniche avec Brahin Asloum et Steve Suissa consacré à la vie du boxeur juif tunisien Victor Younki devenu champion de France dans les années 1930 puis déchu et finalement déportée à Auschwitz… Davy y joue le rôle du meilleur ami de Perez.

Il reviendra ensuite au théâtre, bien sûr, « ma famille, mes racines », explique Davy, dont il aime le rythme, son côté marathon, ses répétitions et ses mois de scènes. « Tant qu’on peut continuer à jouer, on joue », conclut-il. La pièce devrait ainsi se poursuivre durant l’automne, et une autre suivra.

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Melissa Chemam

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