Théâtre
Compromis : un dialogue musclé et divertissant sur l’amitié avec Pierre Arditi et Michel Leeb, au Théâtre des Nouveautés

Compromis : un dialogue musclé et divertissant sur l’amitié avec Pierre Arditi et Michel Leeb, au Théâtre des Nouveautés

02 novembre 2019 | PAR Geraldine Elbaz

Un huis clos tragi-comique où l’on assiste à un règlement de comptes entre deux losers en fin de carrière.

Nous sommes en mai 1981, à la veille de l’élection présidentielle. Pierre Arditi incarne un comédien raté qui vend son appartement. Il fait appel à son ami de longue date, un dramaturge sans succès joué par Michel Leeb, pour rassurer l’acheteur (Stéphane Pezerat) qui vient signer le compromis de vente. Ce dernier arrive en retard et cela servira de prétexte aux deux vieux amis de se dire leurs quatre vérités…

L’amitié se nourrit de compromis. Et ces compromis ne sont pas des reniements, ni des trahisons comme tu le penses. Ce sont des preuves d’amour.

Les compromis, c’est aussi l’art et la manière de dissimuler au potentiel acheteur les vices cachés de l’appartement et de prendre son ami à témoin, qui devient ainsi son complice à ses dépens…
 
Philippe Claudel signe ici sa troisième pièce de théâtre avec une écriture sensible tantôt drôle et légère, tantôt noire et acerbe. Il avait déjà collaboré avec Michel Leeb pour sa pièce Parle-moi d’amour, mise en scène par Michel Fagadau en 2008. Bernard Murat nous propose une mise en scène sobre et efficace faisant raisonner un dialogue affuté qui monte crescendo entre ironie et flatteries jusqu’à prendre en otage le troisième personnage, l’acheteur devenu malgré lui arbitre de ce duel.

Je ne sais même pas si vous jouez avec moi, si vous vous jouez de moi ou si vous jouez entre vous.

Le duo Leeb-Arditi fonctionne bien, on est peut-être un peu étonné de voir Michel Leeb presque effacé devant un Pierre Arditi exubérant, voire même caricatural parfois, mais c’est aussi cela que vient voir le public. Quant à Pezerat, il débarque tel Mister Bean, l’air ahuri puis émerveillé devant les joutes verbales des deux autres. Il renforce la dimension comique de la pièce et permet une mise en abîme élégante du théâtre dans le théâtre.
 
Compromis au Théâtre des Nouveautés de Philippe Claudel, durée: 1h30.
 
Crédit photo : ©Bernard Richebé
Lionel Begue, « La Fuite » : Quand la poésie transfigure le déclin du corps et de l’esprit
Bizzy Bone donne de l’oxygène au rap avec Carbon Monoxyde
Geraldine Elbaz
Passionnée de théâtre, de musique et de littérature, cinéphile aussi, Géraldine Elbaz est curieuse, enthousiaste et parfois… critique.

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *