Théâtre
A Avignon, Diastème écrit et met en scène un psychodrame sur les rapports mère/fille

A Avignon, Diastème écrit et met en scène un psychodrame sur les rapports mère/fille

20 juillet 2012 | PAR Christophe Candoni

Diastème et Avignon, c’est devenu au fil du temps un rendez-vous immanquable. Depuis 2005 et surtout après la sortie de son film « Le Bruit des gens autour » qui peignait tout à fait plaisamment la vie trépidante des compagnies au festival, l’auteur et metteur en scène n’a pas raté une édition dans le off où il présente tous ses spectacles à la Luna puis au théâtre du Chêne noir. Il revient cet été pour sa dernière création dans laquelle il dissèque sans convaincre les rapports mère / fille.

Sur le plateau, une mère et sa fille. Elles vivent ensemble dans une relation complexe et sous tensions. Elles se parlent peu et évitent surtout de se dire l’essentiel. Elles finiront par y parvenir en introduisant dans leur appartement une tierce personne trouvée dans la rue, un homme mystérieux qui se dit psychanalyste roumain et qui aura pour rôle d’arbitrer les prises de becs entre la fille agressive et malheureuse et sa mère alcoolique qui se défend maladroitement. Il compte les points, mange  des spaghettis et regarde  Michel Drucker à la télévision avec elles.

Il y a quelque chose dans cette proposition d’intrigue qui pourrait émouvoir ou au moins toucher car les êtres réunis là partagent les souffrances, les fêlures qui les habitent, unissent leur solitude pour purger leur mauvaise passion. Mais la conversation tourne au grand déballage et au ressassement, entre sautes d’humeur et pleurnicherie. Cela s’enlise rapidement à cause d’une esthétique et d’un mode de jeu au réalisme plus « téléfilmique » que théâtral qui rend le spectacle trop commun. Les comédiens Evelyne Bouix, Andréa Brusque et Jean-Jacques Vanier sont justes, ils défendent avec conviction les personnages qu’ils ont à jouer. Ce n’est pas complètement de leur faute si on ne croit pas à l’histoire. Celle-ci paraît peu crédible car elle souffre d’un excès de dramatisme et de sentimentalisme. Le traitement du sujet est aussi bien schématique dans la mesure où le dénouement propose une résolution des conflits en accéléré. Tout ce petit monde qui se haïssait finit par danser le mambo et s’étreindre tendrement. Attendu et surfait.

 

Crédit photo : iFou pour le pôle media

 

Introduction à l’art contemporain par Philippe Bidaine, chez les Nouvelles éditions Scala
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Christophe Candoni
Christophe est né le 10 mai 1986. Lors de ses études de lettres modernes pendant cinq ans à l’Université d’Amiens, il a validé deux mémoires sur le théâtre de Bernard-Marie Koltès et de Paul Claudel. Actuellement, Christophe Candoni s'apprête à présenter un nouveau master dans les études théâtrales à la Sorbonne Nouvelle (Paris III). Spectateur enthousiaste, curieux et critique, il s’intéresse particulièrement à la mise en scène contemporaine européenne (Warlikowski, Ostermeier…), au théâtre classique et contemporain, au jeu de l’acteur. Il a fait de la musique (pratique le violon) et du théâtre amateur. Ses goûts le portent vers la littérature, l’opéra, et l’Italie.

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