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Plages de lecture par Nathalie Quintane et Stephen Loye aux Laboratoires d’Aubervilliers

Plages de lecture par Nathalie Quintane et Stephen Loye aux Laboratoires d’Aubervilliers

10 juillet 2021 | PAR Nicolas Villodre

C’est bien demain : le courriel de François Hiffler daté du 7 juillet précisait : « C’est bien demain que Nathalie Quintane et Stephen Loye parleront dans le jardin des Laboratoires des dix-sept derniers livres qu’elle, il ont lus. »

Lecture pour tous

Le hasard objectif a voulu que Grand Magasin investisse ces Laboratoires situés pas bien loin des Magasins généraux, rue Lécuyer, à Aubervilliers. C’est là que cet été, ce mois de juillet tout au moins, à 19 heures, « chaque jeudi de la semaine, une personne en invite une autre pour, le temps d’un apéro dans le jardin des Laboratoires, lire à voix haute des textes choisis ». Aurélia Declercq a ainsi invité début juillet Francis Schmetz ; Yves Winkin invitera prochainement Emmanuelle Lallement ; Sabine Macher s’attablera avec Yu-Wen Wang. Nous retrouverons Pascale Murtin dans Éparpiller, un « concert dispersé », du 5 septembre au 3 octobre 2021, avec une soixantaine de choristes qui se feront entendre simultanément en différents points de plusieurs sites : le 5 septembre à 16 heures au jardin des Champs-Élysées, le 12 septembre à 15 heures au Parc départemental du Sausset de Villepinte ; le 26 septembre à 15 heures au quartier de la Maladrerie, à Aubervilliers, le 3 octobre à 15 heures au parc de La Villette.

L’événement est conçu par Pascale Murtin, qui a composé une quinzaine de chansons mises en partition par Babeth Joinet. François Hiffler, le cofondateur avec Pascale Murtin de Grand Magasin, chantera avec Babeth Joinet, Anne Lenglet, Pascale Murtin, Jean-Baptiste Veyret-Logerias, Margot Videcoq, Roland Zimmermann et 50 choristes. En attendant, nous avons fait faire le tour du propriétaire des Laboratoires et y avons découvert une série d’œuvres du Cneai, organisme maintenant délocalisé à la Cité U du boulevard Jourdan, parmi lesquelles un hommage à Michel Journiac, pionnier français de l’art corporel, ainsi qu’un prototype de meuble à casses signé David Poullard, contenant non pas des caractères d’imprimerie mais des mots imprimés en capitales de différentes tailles, massicotés soigneusement rangés dans des cases et des tiroirs. En attendant le début des festivités, les spectateurs ont le loisir de se désaltérer dans cet espace d’accueil où se tiennent prêts à intervenir deux baristas ou bar tenders, pour ne pas dire barman et barwoman.

Cut-up

La rencontre Nathalie Quintane/Stephen Loye tient de la lecture, au sens plein du terme, y compris au sens anglo-saxon de conférence, rappelle un peu les salons littéraires d’antan, le débat polémique en moins, les deux protagonistes étant parfaitement d’accord et ayant opéré leur choix de morceaux littéraires de concert. Elle fait aussi songer au festival de Jean-François Munnier, Concordan(s)e, qui consiste à passer commande à un chorégraphe et à un écrivain. Sauf qu’ici toutes sortes d’expressions artistiques peuvent coexister le temps de l’intervention, qui est de moins d’une heure. Nathalie Quintane, poète et performeuse, a proposé à Stephen Loye, plasticien et cinéaste, de participer à cette soirée. Des dix-sept livres annoncés, il n’en sera retenu qu’une douzaine. Certains d’entre eux ayant eu droit à deux extraits lus par l’un ou l’autre des bouquineurs, « le compte est bon », comme disait le présentateur des Chiffres et les lettres.

À ce propos, les post-it jaunes remplacent de nos jours les marque-pages colorés utilisés il y a des années par Bernard Pivot dans Apostrophes (dans Ouvrez les guillemets, son talk-show du temps du noir et blanc, il recourait aux fiches bristol). Citons les textes pour information : L’Obsolescence de l’homme, de Günther Anders, Les Amours jaunes, de Tristan Corbière, Soleil noir, de Julia Kristeva, L’Enfer, de Dante (revu et corrigé par Stéphane Bérard), La Guérison infinie, de Ludwig Binswanger (sur le cas clinique Aby Warburg), Les Granules bleus, d’Anne Parias (sous influence de Patricia Highsmith), Mon dernier soupir, de Luis Buñuel, Le Nez qui voque, de Réjean Ducharne, une lettre de Georg Büchner à ses parents, un poème de Raoul Hausmann, Modulations, de Genesis P-Orridge, Non, d’Anne Boyer, Le Gabion, de Théo Robine-Langlois. Autant dire que le choix ou non-choix était des plus éclectiques.

Visuel : Nathalie Quintane et Stephen Loye, photo : © Nicolas Villodre

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