Opéra
L’Accademia Byzantina présente un Rinaldo proche du sublime au festival Concerts d’automne

L’Accademia Byzantina présente un Rinaldo proche du sublime au festival Concerts d’automne

19 octobre 2022 | PAR Hélène Biard

Rinaldo, le premier opéra composé par Georg Friedrich Haendel (1685-1759) peu après son arrivée à Londres était présenté en version concert au festival Concerts d’automne de Tours. L’engagement total et généreux de chacun a fait passer au public, venu nombreux, une soirée magique.

Les responsables du festival Concerts d’automne ont frappé un grand coup en invitant l’ensemble Accademia Byzantina à présenter Rinaldo au Grand Théâtre de Tours. Le niveau très élevé de l’orchestre, dirigé avec talent par Ottavio Dantone, et des solistes participe grandement à l’immense succès de la représentation dont l’intrigue était judicieusement racontée, à intervalles réguliers, par un comédien dont la voix, très agréable et parfaitement posée passait la rampe sans effort.

Dès les premières notes de l’ouverture, l’orchestre de l’Accademia byzantina met la barre très haut. La direction de Ottavio Dantone, qui assure aussi la partie de clavecin, est nerveuse, ferme, précise et les tempi et les nuances sont quasi parfaits. Vocalement le plateau est somptueux. C’est la contralto Delphine Galou qui interprète le rôle-titre ; la voix est parfaite pour ce rôle terrible qui n’est pas forcément très long, mais dense tant vocalement qu’émotionnellement. La tessiture ample et les vocalises dans les arias et dans les ensembles sont parfaites, et Galou fait de Rinaldo, le fier paladin, un homme émouvant. Le contre-ténor Filippo Mineccia est un Goffredo remarquable tant vocalement que scéniquement. Certes nous assistions à une version concert, mais Mineccia a fait passer le chef des croisés par une vaste palette de sentiments et cela se voit autant que cela s’entend. Sophie Rennert souffrante a cédé sa place à la très belle soprano italienne Francesca Aspromonte pour incarner Almirena (et aussi l’une des sirènes en coulisses), la fille de Goffredo qui est fiancée à Rinaldo. La voix ample et parfaitement maîtrisée d’Aspromonte lui permet d’assumer sans effort un rôle difficile dont le point d’orgue est le célébrissime « Lascia ch’io pianga » interprété avec une assurance et un aplomb peu communs. Le couple Armida/Argante est interprété avec talent par Arianna Vendittelli (qui chante aussi l’une des sirènes depuis les coulisses) et Luigi de Donato qui remplace Federico Sacchi malade. La basse Federico Benetti (le magicien) complète avec bonheur une distribution exceptionnelle en tous points ; le rôle est court, mais suffisamment marquant pour qu’on se souvienne de lui.

Même si nous avons assisté à une version de Concert de Rinaldo, c’est une soirée exceptionnelle que nous ont proposé Ottavio Dantone et l’Accademia byzantina accompagnés par des solistes dont le niveau est proche du sublime. Nous saluons aussi la brillante programmation de Alessandro di Profio, le sympathique directeur artistique de Concerts d’automne qui a invité pour l’édition 2022 du festival des artistes et des ensembles avec des programmes remarquables.

Les prochains évènements de l’Accademia byzantina sont à consulter ici.

Visuels : © Remi Angeli

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