Spectacles

Ni vu ni connu, Claudia Triozzi fait sonner la performance

15 avril 2010 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le centre Georges Pompidou accueille seulement jusqu’à samedi la performeuse déjantée Claudia Triozzi.  Le spectacle est intitulé  «  ni vu ni connu »,  peut être car il faut se détacher de ses visions et de ses connaissances pour rentrer vierge et perméable dans cette performance étrange et réussie.

Tout  commence par un son, qui,  on le saisira bien vite,  est le  fil conducteur de ce spectacle. Elle est dans le noir, en haut d’un escalier face à un étrange instrument qui semble tout droit sorti de Métropolis. Une voix retentie, on doute, on comprend. C’est elle qui chante d’une voix de soprane.

Ni vu , ni connu…oublier ce que l’on connait. Claudia Triozzi est présentée comme une danseuse qui a bossé avec les plus grands, et vous ne verrez pas une danseuse, mais une chanteuse, puis une performeuse. Une seule fois , dans un instant violent, elle utilise la maitrise de la danse mais uniquement  comme outil pour faire circuler l’air et le son accompagnant les temps parlés et chantés.

 Claudia Triozzi  cherche du sens dans le son : son des pierres catapultées sur son cheval de métal, son de sa voix dans son micro sex-toy qui égraine des suites de mots, sans pour autant faire des phrases…«  Les fleurs d’Anne-Marie, l’écume de la mer, braise d’hiver, givre, quand le masque tombe, autre étude sur l’inquiètude , huile  sur toile marouflée… ». Son symphonique  aussi, sortant glass harp de l’époustouflant Roberto Tiso . Le son apparait donc comme un élément chorégraphique en soi, découpant le temps et l’ espace.

Ni vu ni  connu  questionne aussi  le rapport au corps féminin, la  trace laissée par un son ou un geste,  mais aussi la violence  «  Elle menait  sa bastonne. Je me voyais déjà nonne en suppliant la douleur de mon maudit malfaiteur. Matraque ! » . Cette violence recouvre deux pendants,  la pornographie et de son opposé, le fanatisme religieux porté ici par la figure de la marionnette en Burka que Claudia Triozzi tourne en ridicule mettant en scène le proverbe « tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse », brisant la bêtise derrière elle et affirmant que son spectacle se prend comme une claque qu’on ne voit pas venir,  d’autant plus que la très belle Claudia a le don de nous montrer des choses folles avec classe et glamour …

Allez y, vous comprendrez !

Centre Pompidou, 75191 Paris cedex 04, téléphone, 00 33 (0)1 44 78 12 33, métro, Hôtel de Ville,,Rambuteau DU MERCREDI 14 AU SAMEDI 17 AVRIL 2010, 20H30,GRANDE SALLE, NIVEAU -1, PLEIN TARIF 14 , TARIF RÉDUIT ET LAISSEZ-PASSER 10

crédit photo: Ni vu ni connu copyright Dam-Cespi Ph. Olivier Charlot

Infos pratiques

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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