Spectacles

Melquiot et Demarcy-Mota retournent aux origines de Bouli

07 octobre 2010 | PAR Christophe Candoni

Fort du succès de Wanted Petula dès sa création au Théâtre des Abesses puis en escapade au 104 à Paris, le directeur du Théâtre de la Ville Emmanuel Demarcy-Mota et metteur en scène du spectacle a invité l’inventeur de Bouli Miro à remonter le temps et imaginer un préambule aux aventures que l’on connait du jeune garçon. Fabrice Melquiot a écrit dans cette nouvelle pièce, Bouli année zéro, l’ « avant le monde » de son héros.

Dans Wanted Petula, Bouli avait douze ans, il décidait de quitter ses parents, sa famille, faire une fugue, parcourir la galaxie pour retrouver son amoureuse de cousine Petula. Ici, Pierre Niney campe un personnage qui n’existe qu’à peine, n’est d’abord qu’une petite graine en train de germer, un fœtus, « un tout petit machin gros comme une crotte de nez » dit-il. Et pourtant, il parle et est bien présent, c’est la magie du théâtre : à l’intérieur du ventre de Mama Binocla dans lequel on plonge avec fascination comme dans les fonds marins ou dans une grosse bulle transparente, il entend tout et réagit au monde extérieur.

A l’heureuse nouvelle de la grossesse de Mama Binocla, celle-ci éclate de joie, et passe 1000 coups de téléphone pour l’annoncer. Rotondo, lui, a bien du mal à se faire à ce bouleversement dans sa vie. Il va devenir Daddy, n’ira plus boire de coups avec les copains. Sandra Faure et Gerald Millet forment un couple toujours aussi délirant, d’ailleurs on retrouve avec plaisir les anciens personnages qui, comme les nouveaux, ont tous en commun une joyeuse dinguerie.

Dans une scénographie archi léchée, constituée d’un pont en bois, de rideaux et d’une large végétation, et jouant sur différents niveaux avec habileté, les acteurs s’en donnent à cœur joie, et sont jubilatoires. La mise en scène est enlevée, fantaisiste grâce au travail d’Emmanuel Demarcy-Mota qui réalise avec sa troupe un travail imaginatif, fourmillant d’idées. Il propose un univers déluré dans lequel un rhinocéros nommé Gunther (Jauris Casanova), domestiqué par l’étrange voisine Berthe qui l’a reçu en cadeau de son fils, prend sa douche dans une pataugeoire ou joue au badminton dans le jardin. Cette suite est un retour aux origines et un moment placé sous le signe du plaisir et de l’émerveillement. Ce nouveau spectacle nous paraît quand même moins drôle que le précédent mais plus tendre.

Bouli année zéro, jusqu’au 15 octobre. A 14h30 et 19h30. Au théâtre des abbesses, 31 rue des abbesses, 18 arr. 01 42 74 22 77. wwwtheatredelaville-paris.com

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Christophe Candoni
Christophe est né le 10 mai 1986. Lors de ses études de lettres modernes pendant cinq ans à l’Université d’Amiens, il a validé deux mémoires sur le théâtre de Bernard-Marie Koltès et de Paul Claudel. Actuellement, Christophe Candoni s'apprête à présenter un nouveau master dans les études théâtrales à la Sorbonne Nouvelle (Paris III). Spectateur enthousiaste, curieux et critique, il s’intéresse particulièrement à la mise en scène contemporaine européenne (Warlikowski, Ostermeier…), au théâtre classique et contemporain, au jeu de l’acteur. Il a fait de la musique (pratique le violon) et du théâtre amateur. Ses goûts le portent vers la littérature, l’opéra, et l’Italie.

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