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LE CHAPITEAU-IMAGINAIRE D’AURELIEN BORY

LE CHAPITEAU-IMAGINAIRE D’AURELIEN BORY

08 octobre 2012 | PAR Magali Chiappone-Lucchesi

Aurélien Bory signe avec Géométrie de Caoutchouc, une pièce autour d’une architecture imaginaire, pièce pour un chapiteau et huit danseurs acrobates, qui ne laisse pas indifférent.


Aurélien Bory aime à mélanger les genres, théâtre, cirque, danse, arts visuels, musique… Ici, il s’attache au cirque, à l’espace visuel et à la musique. Le public entre dans un chapiteau géant pour découvrir le même chapiteau en miniature au centre de la scène. Un mini chapiteau blanc soutenu par une architecture de fils. Pendant une heure se révèle un imaginaire fantastique qu’il appartient à chaque spectateur d’inventer pour lui-même. Il s’agit de s’abandonner à la rêverie à travers les images que nous offre ce spectacle…

Au départ, les danseurs sont à l’intérieur du chapiteau. Ils sont des formes informes, rebondissant sur les parois intérieures, sur les coutures du chapiteau qui s’apparentent aux nervures d’une feuille. Le chapiteau semble être une sorte de matrice organique qui va accoucher d’hommes et de femmes – en imperméables ! Lorsqu’ils sortent du chapiteau, ils sont comme des pantins qui ont encore besoin de leurs fils pour apprendre à marcher. Ils s’accrochent aux fils qui entourent le chapiteau, se retiennent l’un à l’autre, sont constamment en déséquilibre pour au final parvenir à atteindre le haut du chapiteau qui devient un terrain de jeu : un tobbogan, un trampoline… Ils grandissent, leur souplesse et leur équilibre ne cessent d’évoluer… et sur la toile du grand chapiteau se dessine un beau théâtre d’ombres où les fils deviennent presque vivants.

On ne peut que se demander ce que cache le chapiteau, est-il vivant ? un monstre s’y loge-t-il ? Un bruit sourd vient des entrailles du chapiteau et avale les danseurs. Ca se dégonfle, se soulève, on dirait un radeau ou encore une méduse… Les danseurs tirent les fils du chapiteau comme pour lui permettre de respirer. Puis, doucement, les quatre hommes et les quatre femmes reviennent sous la matrice : peut-être la cabane où se cachent nos monstres et nos rêves d’enfant?

Voici un spectacle qui permet de s’abandonner à la rêverie où l’imagination vagabonde au fil des jeux d’ombres et de lumières qui parfois, il faut l’avouer, sont un peu systématiques, répétitifs, et l’ennui peut de temps en temps pointer le bout de son nez…

 

Crédits photos : Aglaé Bory

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Magali Chiappone-Lucchesi